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RDC - L'Eglise catholique retourne sa soutane

La confusion qui s’installe progressivement en République démocratique du Congo, au sujet du dépouillement des bulletins de vote pour le scrutin du 28 novembre, est en train de gagner le clergé catholique du pays. Avant les élections présidentielle et législatives, l’église catholique de RDC, par l’entremise de la Conférence épiscopale Justice et Paix, avait revendiqué son droit à donner les grandes tendances des résultats. Les évêques affirmaient en effet que c’était le rôle de l’église de dire la vérité sur le décompte des bulletins de vote qu’elle centralisait. 

Mais, le 4 décembre, fait savoir le site de RFI, alors même que les premiers résultats publiés par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ont été rejetés par l’ensemble des candidats de l’opposition, les évêques congolais ont fait volte-face. Un retournement de soutane qui en a surpris plus d’un. «Ce n’est pas le rôle de l’église de donner des résultats», a déclaré Mgr Nicolas Djomo, le président de la Conférence épiscopale congolaise.

Lors de sa conférence de presse tenue à Kinshasa, le prélat ne s’est pas non plus exprimé sur les opérations de dépouillement et les chiffres recueillis par les 30.000 observateurs de l’église répartis dans les bureaux de vote à travers tout le pays. Colère des associations des droits de l’homme et des représentants de la société civile. RFI ajoute que, le directeur de cabinet d’Etienne Tshisekedi, présent à cette rencontre avec la presse, a évoqué un manque de courage de l’église. Etienne Tshisekedi qui était le principal challenger du président sortant, Joseph Kabila, conteste les résultats de la Ceni donnant son adversaire vainqueur à 51% contre 34%. Il a prévenu que le pouvoir de Kabila serait tenu responsable «d’actes suicidaires».

Les résultats définitifs de la présidentielle ne doivent être publiés que le 17 décembre par la Cour suprême. Mais déjà, l’ambiance est tendue dans le pays et notamment à Kinshasa. L’AFP a indiqué samedi que près de 3.000 personnes ont fui la capitale de RDC pour rejoindre Brazzaville, la capitale du Congo. Ces populations fuient une éventuelle escalade des violences post-électorales. 

Lu sur RFI, AFP

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