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L'Afrique s'invite au Festival d'Avignon

Le 71e Festival d'Avignon propose un "focus Afrique sub-saharienne" qui fait la part belle à la danse et la musique, mais aussi à l'"indiscipline" qui mélange tous les genres, comme dans "Unwanted" de la rwandaise Dorothée Munyaneza et "The Last King of Kakfontein" du sud-africain Boyzie Cekwana.

Aucun spectacle de théâtre "pur" n'est programmé, ce qui a déclenché une réaction virulente de l'auteur et metteur en scène congolais Dieudonné Niangouna en mars à l'annonce du programme.

"Inviter un continent sans sa parole est inviter un mort", lançait-il sur sa page Facebook. "C'est une façon comme une autre de déclarer que l'Afrique ne parle pas, n'accouche pas d'une pensée théâtrale dans le grand rendez-vous du donner et du recevoir".

"Chaque année, ceux qui ne sont pas programmés trouvent scandaleux de ne pas y être", remarque Olivier Py, directeur du festival depuis 2014, qui refuse de rentrer dans la polémique pour "ne pas jeter de l'huile sur le feu".

Le bouillant Niangouna était "artiste associé" de l'édition 2013 du festival d'Avignon sous la précédente direction et y avait donné une pièce fleuve, "Shéda", dans la Carrière de Boulbon.

"Nous n'avons pas attendu l'édition 2017 pour programmer des auteurs africains," observe Olivier Py, rappelant la pièce de Gustave Akapo "Même les chevaliers tombent dans l'oubli" mise en scène par Matthieu Roy en 2014.

D'autres artistes rappellent que la "voix" de l'Afrique ne saurait se réduire au seul théâtre. La chanteuse, auteure et guitariste malienne Rokia Traoré, dont le spectacle "Dream Mandé - Djata" est donné du 21 au 24 juillet, souligne qu'"en Afrique, l'art dramatique peut être dans la parole qui se raconte, s'interprète ou se chante, il peut être dans les mouvements et dans les formes".

C'est ainsi que Dorothée Munyaneza restitue en musique, en mouvement et en mots la parole des femmes violées du Rwanda dans "Unwanted", du 7 au 13 juillet.

Le sud-africain Boyzie Cekwana, danseur à l'origine, fait preuve de la même "indiscipline" en mêlant danse, vidéo et musique en direct pour raconter les populismes d'aujourd'hui dans "The Last King of Kakfontein".

Le spectacle "Kalakuta Republik" du chorégraphe d'origine burkinabée Serge Aimé Coulibaly raconte aussi bien le chanteur nigérian Fela Kuti que l'Afrique d'aujourd'hui à travers le portrait de cette "république" utopique, où Fela avait installé tout son monde à Lagos.

Nadia Beugré et Nina Kipré rendent hommage à une fondatrice de la danse ivoirienne, Béatrice Kombé, disparue en 2007, en reprenant sa pièce "Sans repères". Dans le même spectacle (9 au 15 juillet) Kettly Noël, née en Haïti mais installée à Bamako où elle dirige le festival de danse donnera "Tichèlbè" et Seydou Boro et Salia Sanou (Ouagadougou) proposent une pièce pour trois danseurs, "Figninto - L'oeil troué".

Les tambours traditionnels et l'énergie rock du groupe Basokin résonneront le 16 juillet à Avignon.

Et c'est un grand auteur, Léopold Sédar Senghor, qui clôt le festival dans la Cour d'honneur avec "Femme noire", une création de la chanteuse béninoise Angélique Kidjo et du comédien ivoirien Isaach de Bankolé, accompagnés notamment par le saxophoniste camerounais Manu Dibango.

    

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