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Gabon: l'auteur d'un ultimatum au président Bongo en détention préventive

Un ancien candidat à la présidentielle gabonaise qui avait menacé mi-juin de faire exploser des bâtiments à Libreville si le président Ali Bongo ne quittait pas le pouvoir a été placé mardi en détention préventive, a-t-on appris mercredi auprès du procureur.

Roland Désiré Aba'a Minko "a été placé en détention préventive avec (son ancien directeur de campagne) Guy Arlin Nang Ango" mardi soir, après avoir été inculpé entre autres d'"atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat, d'incitation à la révolte et de diffusion de fausses nouvelles en vue de troubler l'ordre public", a indiqué mercredi à l'AFP le procureur de la République, Steeve Ndong Essame Ndong.

Le 16 juin, la capitale gabonaise Libreville avait été prise d'un léger mouvement de panique après une série d'incidents sécuritaires provoqués par M. Ab'a Minko, personnage fantasque et ex-candidat à la présidentielle du 27 août qui s'était finalement rallié à Jean Ping, rival d'Ali Bongo.

Des hommes non identifiés et équipés d'armes blanches s'étaient introduits le 16 juin dans les locaux de plusieurs médias publics et privés pour tenter - parfois avec succès - de diffuser un message où M. Ab'a Minko appelait à "la déstabilisation des institutions".

En parallèle, l'ex-candidat avait déclaré dans un discours sur la voie publique "avoir miné tous les bâtiments administratifs et ministériels" et menacé de les faire exploser. Il avait enjoint le chef de l'Etat de quitter le pouvoir dans les 72 heures. 

Roland Désiré Aba'a Minko avait été interpellé le jour même à la délégation de l'Union européenne (UE) à Libreville où avait été retrouvée une bombe factice, selon une source sécuritaire jointe par l'AFP.

M. Aba'a Minko "dit avoir posé ces actes pour faire peur et assume les conséquences", a déclaré le procureur. L'enquête judiciaire "se poursuit pour rechercher et identifier les co-auteurs et complices qui courent toujours", a précisé le procureur.

Cette affaire reste sujette à de nombreux questionnements au Gabon, toujours en proie à des tensions post-électorales. Tous les partis politiques - du pouvoir comme de l'opposition - ont rapidement condamné l'incident du 16 juin, tout en s'accusant mutuellement d'avoir orchestré les agissements de M. Aba'a Minko.

 

AFP

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