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ALEXANDER JOE / AFP
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Les diamants de sang sont désormais vendus sur Facebook ou Whatsapp

En Centrafrique, des trafiquants livrent même les pierres précieuses à domicile.

Dans le film Blood Diamond, Leonardo Di Caprio, qui interprète un trafiquant de diamants achetés en zone de guerre, tente de passer la frontière de deux pays d'Afrique de l'Ouest en dissimulant les pierres précieuses sous la peau de chèvres. Une technique qui ne berne pas les gardes-frontières qui l'ont à l'oeil. 

Plus de dix ans après ce long-métrage qui avait choqué l'Amérique sur la provenance de certains diamants vendus dans les joailleries de New York ou San Francisco, les revendeurs des «diamants de sang» ont fait évoluer leurs méthodes. Comme le raconte l'ONG Global Witness, spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles des pays en développement, dans une longue enquête parue le 22 juin, les vendeurs de pierres précieuses utilisent désormais les réseaux sociaux pour écouler leur marchandise. Comme cela est instauré dans d'autres zones de guerre, un embargo interdit en effet aux étrangers l'achat de diamant en Centrafrique. Ce pays déchiré par la guerre civile de septembre 2013 à août 2014, est aujourd'hui secoué par des violences inter-ethniques qui maintiennent le pays dans un état très précaire. 

À lire aussi: Derrière les violences en Centrafrique se cachent les diamants de sang

Service à domicile

En septembre 2015, l'ONG Amnesty International publiait un rapport sur le commerce des diamants de sang qui touchait le pays et profitait à des groupes armés. Cela malgré la mise en place d'un embargo international sur les pierres précieuses centrafricaines en vigueur depuis mai 2013 et signé par les pays membres du processus de Kimberley. 

La contrebande de diamants en Centrafrique était déjà importante avant le conflit actuel, mais de nombreux experts s'accordent à dire que les quantités de diamants vendues illégalement ont augmenté depuis», analysait à l'époque Amnesty International

L'ONG Global Witness a, elle, pu s'entrenir avec des revendeurs de diamants en se branchant directement sur les réseaux sociaux. «Facebook, Messenger, WhatsApp, les outils de l'économie numérique aident aussi les revendeurs et intermédiaires à franchir le premier obstacle pour être capable d'intégrer la chaîne de distribution mondiale pour vendre leurs diamants sur le marché international», note Global Witness. 

«Les trafiquants vont chercher les diamants dans les zones tenues par les rebelles car c'est toujours moins cher. Donc nous leur apportons ce qu'ils veulent. Souvent il y a un chef rebelle local qui accueille les revendeurs. Ils achètent, achètent, achètent», explique à l'ONG un trafiquant. Il existe une alternative pour se procurer des diamants. «Si tu veux commander des diamants, nous envoyons des gens sur des motos pour aller chercher les pierres précieuses puis vous les apporter au Cameroun par exemple», ajoute le revendeur interrogé. 

Presque une livraison à domicile comme une autre, sauf qu'il s'agit de blood diamonds

Camille Belsoeur

Journaliste à Slate Afrique. 

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