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Des Nigérianes chantent dans l'église d'Aba au Biafra, le 28 mai 2017. TEFAN HEUNIS / AFP
Des Nigérianes chantent dans l'église d'Aba au Biafra, le 28 mai 2017. TEFAN HEUNIS / AFP

L'immense succès d'un groupe Facebook secret pour les femmes nigérianes

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg a même rencontré la fondatrice de cette page qui se veut un espace de discussion pour les femmes du pays.

Être une femme au Nigeria n'est pas synonyme de vie facile. Dans le nord du pays, le groupe djihadiste Boko Haram s'est rendu tristement célèbre en enlevant plus de 276 lycéennes de Chibok le 14 avril 2014 –la majorité d'entre elles a été libérée depuis. Spectaculaire, ce kidnapping de masse qui a choqué la planète n'est pourtant qu'une goutte d'eau dans les violences que subissent les femmes dans le nord-est du pays où le conflit entre combattants djihadistes et forces gouvernementales est depuis des années à l'origine de milliers de viols et d'enlèvements. 

Même dans leur vie quotidienne ailleurs au Nigeria, les femmes subissent la pression d'une société machiste et patriarcale. Une norme sociale qui a poussé plusieurs femmes à dénoncer les discriminations dont elles étaient les victimes à l'aide du hashtag #BeingFemaleinNigeria (littéralement «être une femme au Nigeria») sur Twitter en 2015. 

«Certaines personnes disent que les femmes doivent obéir aux homme, car c'est notre culture. Mais notre culture est en pérpétuel changement», confiait à ce sujet l'auteure nigériane Chimamanda Ngozie Adichie, à l'époque lors d'une conférence

S'exprimer sans la pression des hommes

Ce mouvement féministe a connu un succès encore plus important sur Facebook. Comme le rapporte le site d'information Quartz, un groupe de discussion privé intitulé «Female in Nigeria» (FIN) a été créé et rassemble aujourd'hui plus de un million de membres. Le FIN permet aux femmes de s'exprimer sans crainte d'être jugées sur les discriminations ou les problèmes qu'elles rencontrent dans leur vie au Nigeria ou même dans la diaspora à l'étranger. «Les membres de ce groupe partagent leurs expériences sur les discriminations genrées, les violences domestiques ou les viols», raconte le site Quartz. 

Signe de l'ampleur de ce mouvement sur Facebook, le patron du géant américain Mark Zuckerberg a rencontré Lola Omolola, expatriée nigériane à Chicago et fondatrice de la page «Female in Nigeria». Le milliardaire a déclaré qu'il voulait s'inspirer de cet exemple pour comprendre comment encourager les communautés de discussion de ce type sur Facebook. 

Camille Belsoeur

Journaliste à Slate Afrique. 

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