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Nouveau coup de force du pouvoir zambien qui suspend des députés d'opposition

Une cinquantaine de députés de l'opposition zambienne ont été suspendus mardi pour avoir boudé un discours du président Edgar Lungu, un nouveau coup de force du pouvoir après l'incarcération de son principal adversaire, Hakainde Hichilema.

Le président du Parlement, Patrick Matabini, a annoncé en séance la sanction de trente jours infligée aux 48 élus du Parti uni pour le développement national (UNPD) en les sommant de reconnaître enfin la victoire électorale du chef de l'Etat l'an dernier.

"Je vous demande de démissionner si vous ne reconnaissez pas qu'il y a un gouvernement légitimement élu", a lancé M. Matabini.

Les députés ne seront pas autorisés à entrer au parlement et ne recevront pas leur salaire le temps de leur suspension. 

Dans un message publié sur Facebook, l'UPND a dénoncé des accusations "infondées".

En mars, les élus de ce parti avaient refusé d'assister à un discours du président Lungu dans l'hémicycle pour dénoncer la légitimité de sa réélection en août 2016, qu'ils jugent frauduleuse.

"Les relations sont devenues très, très difficiles. L'opposition ne veut pas travailler avec ce gouvernement. Ce n'est pas de la critique constructive", a commenté après de l'AFP Alex N'goma, analyste politique à l'Université de Zambie.

La sanction visant les députés de l'UPND intervient après la spectaculaire arrestation en avril de son chef, Hakainde Hichilema, accusé par le pouvoir d'avoir entravé le déplacement d'un convoi du chef de l'Etat, son rival à la présidentielle. 

M. Hichilema est actuellement enfermé à la prison de haute sécurité de Mukobeko, dans le centre du pays, et attend l'ouverture de son procès devant la Haute cour de Lusaka.

 - Dérive autoritaire -

Inculpé de trahison, un crime qui interdit sa libération sous caution, il risque de quinze ans de réclusion à la peine de mort. 

L'opposition et la société civile dénoncent sa détention, estimant qu'elle traduit la volonté du régime de lui faire payer son refus de reconnaître les résultats du scrutin d'août dernier.

Opposant historique en Zambie, battu cinq fois à la présidentielle, Hakainde Hichilema continue sans relâche de contester la victoire M. Lungu en arguant de fraudes, malgré sa validation officielle par la Cour constitutionnelle.

Depuis la réélection d'Edgar Lungu, les observateurs s'inquiètent de la dérive autoritaire de son régime. 

"Nos dirigeants font preuve de certaines tendances dictatoriales. C'est de plus en plus difficile de tenir des réunions publiques", s'alarmait la semaine dernière auprès de l'AFP l'analyste politique MacDonald Chipenzi. 

"Dans ce genre d'arrangements dictatoriaux, la liberté de rassemblement et les libertés sont réduites (...) par les institutions censées nous protéger", a-t-il poursuivi.  

Réputée pour sa stabilité politique, la Zambie a été lors de la campagne électorale de 2016 le théâtre de violences inédites entre les partisans du Front Patriotique de M. Lungu et ceux de l'UPND. 

Pendant la campagne, Edgar Lungu avait prévenu lors de discours très fermes qu'il n'hésiterait pas à prendre des "mesures draconiennes" et à "sacrifier la démocratie" pour assurer la paix.

Le président zambien a la lourde tâche de redresser l'économie d'un pays ultra-dépendant du cuivre qui traverse une mauvaise passe en raison de la baisse des cours de ce métal. 

AFP

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