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Les universités britanniques rattrapées par leur passé kadhafiste

La polémique sur liens entre les fils Kadhafi et les universités britanniques prend de l’ampleur, après la mise en cause de deux nouveaux établissements.

L’Ecole d’études orientales et africaines (SOAS), qui fait partie de l'université de Londres, est accusée d’avoir signé en 2010 un contrat de 188.024 livres (218.381 euros) avec l’université libyenne al-Fateh pour l’ouverture d’un master de recherche en finance. Petit hic: l’accord est intervenu quatre ans après que le quatrième fils du colonel libyen, Mutassim Kadhafi, a reçu des cours privés à la SOAS.

«Le jeune homme était juste là pour quatre semaines au maximum», a tenté de justifier Sue Yates, directrice du développement commercial de l’université, à l’origine du séjour du fils Kadhafi. «Sa famille (…) a estimé que ce jeune homme devait travailler son utilisation de la langue. Ce n'est pas du tout inhabituel pour les membres de grandes familles.»

Une autre établissement britannique, le célèbre King’s College londonien, a quant à lui créé un partenariat avec le gouvernement libyen pour l’aider à réformer son système carcéral. Le projet aurait reçu des financements de la part des deux gouvernements.

Mais selon un document publié par deux membres du Centre d’étude pénitentiaires de l’université, c’est la Fondation Kadhafi, dirigée par son fils Saif al-Islam, qui a «créé les liens essentiels qui ont fait du projet une réalité».

Le Centre aurait même visité les prisons libyennes, à l‘exception de celles d'Abou Salim and d'Ain Zara —soupçonnées de détenir les prisonniers politiques—, et constaté «une nette amélioration générale».

«A chaque fois que nous travaillons dans un pays à problèmes, une des premières questions que nous posons est "ces gens sont-ils sérieux quand ils parlent de changement?"

Les Libyens l'étaient, et l'un des premiers indices fut qu’ils ont accepté notre suggestion que la responsabilité système des prisons devrait passer du ministère de la Sécurité publique au ministère de la Justice», a expliqué Andrew Coyle, ancien directeur du Centre d’études pénitentiaires.

Des révélations qui interviennent moins d’une semaine après que le directeur de l'université de la London School of Economics a démissionné à la suite de révélations sur les liens économiques entre la LSE et la Libye, et plus particulièrement le financement de 2,2 millions de livres (2,5 millions d'euros) par la Libye d'un programme visant à former des jeunes libyens à l'université anglaise pour qu'ils deviennent l'élite du pays.

Pour le député conservateur Robert Halfon, les liens entre les universités et la Libye «ont été facilités par le gouvernement précédent et... (aujourd’hui) le poisson pourrit par la tête». Halfon est favorable à l’ouverture d’une enquête indépendante sur les liens entre le parti travailliste et la Libye.

Lu sur le Guardian