Tribune: la CPI au service d’une dictature naissante?
Le journaliste Théophile Kouamouo estime qu'en jugeant Laurent Gbagbo, la CPI se met«au service de l’agenda d’un pouvoir tyrannique.
Affiche de Gbagbo, Abidjan, avril 2011. REUTERS/Finbarr O'Reilly
Mise à jour du 1 er décembre: L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo comparaîtra le 5 décembre pour la première fois devant la Cour pénale internationale (CPI) qui le soupçonne de crimes contre l'humanité commis lors des violences post-électorales de 2010-2011.
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En se mettant complaisamment au service de l’agenda d’un pouvoir à peine commençant mais déjà tyrannique, la justice internationale ne fait que confirmer sa tendance, plusieurs fois observée, à se mettre au service des alliés de l’Occident. Quitte à encourager les pires dérives.
Au diable les préventions et les scrupules. Les partisans de Laurent Gbagbo pourront toujours crier leur amertume, mais le système international, qui a pourtant promis – sans que personne ne le lui demande – qu’il ne participerait pas à la mise en place d’une «justice des vainqueurs» en Côte d’Ivoire, a décidé d’accéder au caprice d’Alassane Ouattara. Celui d’obtenir la tête de son vieil ennemi sur un plateau d’argent. A défaut d’une élimination physique concertée, les puissants de ce monde lui permettent d’obtenir ce qu’il considère comme l’assassinat politique d’une figure majeure de la lutte pour la démocratisation de l’Afrique.
Quand il s’était agi, en 2006, d’imposer des sanctions individuelles à des personnes qui entravaient prétendument le processus de paix en Côte d’Ivoire, le Conseil de sécurité de l’ONU a essayé de soigner les apparences en frappant des figures centrales du dispositif Gbagbo – Charles Blé Goudé et Eugène Djué – tout en punissant un second couteau de la rébellion – Martin Fofié Kouakou, le désormais ex-geôlier du fondateur du Front populaire ivoirien (FPI). Une récente campagne d’influence a tenté, ces derniers mois, de préparer les esprits à ce type de faux équilibre malsain. L’on promettait alors la CPI au président Gbagbo, à son épouse, à Charles Blé Goudé, à un certain nombre d’officiers supérieurs des Forces de défense et de sécurité… et parallèlement à quelques obscurs comzones de l’ex-rébellion. Mais il faut croire que le péril que leur «exfiltration» représentait pour le pouvoir d’Alassane Ouattara, aussi fragile à l’intérieur qu’absolutisé à l’étranger, était trop grand.
La justice internationale fidèle à ses pratiques
La Cour pénale internationale (CPI) voudrait-elle nous faire croire que Gbagbo, Gbagbo seul, est responsable du déclenchement de la rébellion armée qui a fait 300 morts seulement le 19 septembre 2002, de la tuerie des gendarmes et de leurs familles à Bouaké, des massacres innommables de Guitrozon et de Petit-Duékoué en 2005, des incendies de dizaines de villages à l’Ouest, du pire massacre de l’histoire de la Côte d’Ivoire – celui du quartier «Carrefour» à Duékoué ? Voudrait-elle le faire admettre à travers un habile storytelling médiatique qu’elle réussirait à convaincre le monde entier peut-être, mais pas la majorité des Ivoiriens.
Il ne faut pas s’y tromper. En exfiltrant Laurent Gbagbo pour le profit politique direct d’Alassane Ouattara, la justice internationale est fidèle à ses pratiques. Les tribunaux spéciaux pour le Rwanda, pour la Yougoslavie ou pour la Sierra Leone ont été et sont des tribunaux de vaincus. Depuis que la CPI a été créée visiblement pour «gérer» l’indocilité africaine, il n’y a que sur le cas kenyan qu’elle a poursuivi des acteurs des deux camps en présence – tous des seconds couteaux de toute façon. Et sur ce dossier, elle patauge ! Partout ailleurs, ses poursuites ont été unilatérales, et répondaient toujours aux jeux d’alliance et à la stratégie des puissances occidentales. L’on remarquera l’hallali provoqué par la rébellion d’un certain nombre de chefs d’Etat africains, qui refusent de «livrer» le président soudanais Omar El Béchir, et l’indécente «compréhension» à l’égard du Conseil national de transition (CNT) libyen qui se soustrait, sur le même mode, à «l’obligation» d’obtempérer au mandat d’arrêt contre Seif Al Islam Kadhafi.
La radicalisation violente d’un pouvoir qui se sait protégé
Un fait est intéressant à noter : la justice internationale, depuis qu’elle s’est déployée en Afrique, a été impuissante à juguler l’impunité et à imposer un respect de la vie humaine et des libertés démocratiques. Elle a aidé le président rwandais Paul Kagamé à traquer les génocidaires réels ou supposés, mais également à asseoir une «dictature développementaliste» qui n’a rien à envier à celle de Zine-el-Abidine Ben Ali. Sans vouloir comparer les itinéraires des hommes politiques en présence, absolument différents, il est piquant de remarquer que la CPI – donc le conglomérat des grandes puissances occidentales – a débarrassé Joseph Kabila, élu dans des conditions plus que troubles, de son rival Jean-Pierre Bemba. La crise de légitimité qui traverse la République démocratique du Congo n’en reste pas moins aiguë. Et les violences qui émaillent la présidentielle en témoignent.
Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, la CPI se comporte très clairement comme un auxiliaire d’une dictature naissante sûre d’une impunité garantie par le fait qu’elle soit sponsorisée par les grandes puissances. Les réunions secrètes entre Louis Moreno-Ocampo et Alassane Ouattara, dont les forces sont citées nommément par de nombreux témoignages parvenus à la CPI, et qui devrait être traité avec la même circonspection que Laurent Gbagbo, dénudent à la fois le procureur et l’institution. La coïncidence entre le départ de Laurent Gbagbo à La Haye et le transfert de trois journalistes de Notre Voie à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) est très troublante, et montre bien qu’à l’acharnement unilatéral de la communauté internationale, répond une radicalisation en interne d’un pouvoir qui se sait protégé. Si les milliers de morts et les centaines de milliers de déplacés dont il est coupable n’émeuvent guère les Occidentaux, pourquoi l’embastillement absurde de journalistes aurait-il des conséquences ? Bailleurs de fonds, médias internationaux et diplomaties cornaquées par la France ont décidé de fermer les yeux sur la descente aux enfers de la Côte d’Ivoire parce que celui qui la mène inconsciemment à la dérive est leur créature commune. Passez votre chemin, il n’y a rien à voir!
Théophile Kouamouo
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J'aurai voulu que Théophile me dise que les charges qui pèsent contre GBAGBO sont fausses. il est important de finir avec l'impunité dans mon pays. C'est pour cela que l'implication de la CPI s'avère nécessaire car elle au moins à le mérite d'être impartiale. Voyez-vous, le cercle de l'impunité a commencé quand des gendarmes accusés d'avoir tués une centaine de personnes en octobre 2000 ont été relâchés.Il faut en finir c'est important et je croit en la CPI car Alassane Ouattara n'aura d'autre choix que de livrer ceux qui dans son camp se seraient rendu coupable de crimes contre l'humanité. Revenant à ce que je disait sous Théophile, la question essentielle qui devait être posé, oui ou non ce qu'on lui reproche est vrai ? Et je n'ai aucun doute, dans mon quartier, je parle en tant que témoin oculaire, les gens se faisaient abattre froidement par l'armée aidée de la milice de Blé Goudé dès décembre, les mercenaires Libériens ont envahi notre secteur et ceux qui avaient des noms à consonance nordique où centriste étaient abattus ou violées. Donc ne venez pas me dire qu'il n'a rien fait et que c'est saint Gbagbo.
On crie a hue et a dia de la justice des vainqueurs mais nulle part il y' a eu la justice des vaincus. lors qu’aucune personne du camp Ouattara ne sera inculpé on en rediscutera.
Argument
DEUX POIDS DEUX MESSURES, tel ne doit pas être la politique de la CPI en matière de justice et cela lui sera d’un grand bien pour la prévention des conflits et des crimes.
Introduction
Le Statut de Rome de l ' Préambule envisagé la CPI comme un garant pour contribuer à la prévention des «crimes graves qui menacent la paix, la sécurité et le bien-être du monde." 2 Dans un conflit armé, ou bien après un conflit armé où la menace d'effusion de sang continue est imminente, la décision de poursuivre ou de différer les négociations de paix est un dilemme difficile du Procureur. D'une part, de permettre à des crimes contre l'humanité et génocide, souvent commis par des assassinats de masse, démembrements, des enlèvements et des viols collectifs, de rester impunis semble trahir les victimes de tels actes et d'encourager des crimes similaires contre les autres. D'autre part, lorsque des poursuites pourraient faire dérailler les négociations de paix et de carburant d'un cycle de violence, on doit se demander s'il existe une obligation positive pour poursuivre. Ces considérations sont graves que le Procureur doit s'attaquer, y compris les conséquences de ses décisions.
Argument conséquentialiste
Aujourd’hui selon le mode opératoire de la CPI en Côte d’Ivoire nous avons une grande preuve de ce que nous argumentons
Les citoyens ivoiriens, ont vu et sont des témoins oculaires de la partialité de l’ONU et de la CPI et de toutes ses instances dirigeantes à travers le monde entier.
ils pourront tous penser que le terme de démocratie n’est qu’un leurre et un vulgaire prétexte à la conquête et la terrorisassions des nations qui ne veulent pas se plier à la ligne de conduites des puissances occidentales.
L’idée selon laquelle l’ONU déclenche les conflits armés en Afrique leur sera consolidée si Gbagbo est jugé et condamné à la Haye
Comment peut-on comprendre que dans un pays ou l’on estime les faits suivant :
<< Laurent Gbagbo "est proclamé élu président de la République de Côte d`Ivoire" avec"51,45%" des suffrages, contre "48,55%" à son rival Alassane Ouattara, selon les résultats définitifs annoncés par le président du Conseil constitutionel, Paul Yao N`Dré, lors d`une déclaration à Abidjan. >>
Et dans le même temps ceux suivants :
<< Alassane Dramane Ouattara a obtenu sur les 4.076 688 suffrages exprimés un nombre total de 2 199 592 voix, soit 54 % des suffrages, alors que le président sortant Laurent Gbagbo en obtient lui 1. 877 088 voix, soit 46 %.>>
Des résultats contradictoires.
Mais une chose est sûr nous observons une différence de 322 504 voies.
Si nous nous en tenons aux dires de la de l’ONU et la France, que alassane est vraiment président, est-ce pour autant que nous devons marginaliser les 1 877 088 personnes qui ont donné leur voies à Mr Gbagbo ?
Doit-on vraiment violer l’expression de ce peuple ?
Doit-on faire fie de la volonté de la moitié d’un peuple au profit de la volonté d’une autre moitié du même peuple ? (je dit moitié parce que si nous considérons les pertes en vie humaine dans cette crise, les deux suffrages s’équivalent désormais)
Où est donc la justice ?
La moitié d’un peuple ne désir pas juger un des protagonistes à la CPI et l’autre moitié désir le juger là bas, ne doit-on pas trouver un consensus juridique pour concilier ces deux fractions du peuple ?
Si obligation et devoir y sont, alors pourquoi fermer les yeux sur les crimes et douleurs commis par l’un et incriminer l’autre ?
La Cour pénale internationale (CPI) voudrait-elle nous faire croire que Gbagbo, Gbagbo seul, est responsable du déclenchement de la rébellion armée qui a fait 300 morts seulement le 19 septembre 2002, de la tuerie des gendarmes et de leurs familles à Bouaké, des massacres innommables de Guitrozon et de Petit-Duékoué en 2005, des incendies de dizaines de villages à l’Ouest, du pire massacre de l’histoire de la Côte d’Ivoire – celui du quartier «Carrefour» à Duékoué tueries de 8000 personnes enfants, vieilles femmes et vieillards par les DOZOS ( millices de Alassane)? Voudrait-elle le faire admettre à travers un habile storytelling médiatique qu’elle réussirait à convaincre le monde entier peut-être, mais pas la majorité des Ivoiriens.
Il y a eu une guerre, déclenchée comme en 2002 par le camp Ouattara-Soro, et il n'y a pas de guerre propre. Si Gbagbo est responsable de toutes les dérives de ses combattants, c'est que Ouattara l'est aussi, et devrait être à la CPI. Le fait qu'il n'y soit pas, et qu'il semble être le donneur d'ordres d'Ocampo, montre bien qu'on est en face d'une farce.
si la CPI tient aujourd’hui Laurent Gbagbo pour responsable de crimes commis par l’armée ou des miliciens lorsqu’il était encore aux affaires, que peut-il en être d’Alassane Ouattara? Les FRCI, Forces républicaines de Côte d’Ivoire pro-Ouattara, ont été créées par décret présidentiel le 17 mars 2011. Quelques jours plus tard —selon le CICR, Amnesty International et Human Rights Watch— des membres de ces mêmes FRCI se sont livrés à des massacres de grande ampleur dans la ville de Duekoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire