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Côte d'Ivoire - Plus de cacao pour les enfants?

Le géant suisse de l'agroalimentaire Nestlé, veut participer à la lutte contre le travail des enfants dans les fermes de cacao ivoiriennes qui fournissent en majorité ses usines.

Le groupe a affirmé le 28 novembre dans un communiqué qu’il allait travailler avec l’association de lutte contre les conditions de travail inhumaines dans le monde, Fair Labor Association (FLA), pour prendre ce problème à bras le corps. En effet, la FLA va inspecter en janvier 2012 la chaîne d’approvisionnement de la multinationale en Côte d’Ivoire, le premier producteur mondial de cacao.

La BBC rapporte que le travail des enfants dans la culture du cacao y est répandu et le parcours des fèves de cacao, des fermes reculées de la brousse jusqu’aux conteneurs qui partent par la mer pour les usines de chocolat européennes et américaines, manque de transparence.

Pour l'un des dirigeants de Nestlé, Jose Lopez, cette situation ne peut plus durer:

«Il est clair que le type d’environnement dans lequel est cultivé le cacao, avec le travail des enfants et avec le nombre d’intermédiaires qui interviennent dans cette chaîne d’approvisionnement n’est pas viable.»

Le reportage vidéo de la BBC montre que la firme va chercher le cacao dans des zones réculées et doit passer de nombreux péages auxquels ils doivent verser de l’argent. Hors de Côte d'Ivoire, les usines de chocolat ne connaissent pas les conditions dans lesquels leur matière première a été produite, et encore moins si des enfants ont travaillé à sa récolte.

D’après Steve Chalke de l’organisation Stop the Traffic (une ONG qui lutte contre le trafic d'êtres humains), le compte-rendu des recherches sur le travail des enfants, prévus pour mars, devront être rendus publics, pour qu’elles aboutissent concrètement à la fin «des barres de chocolat issues du trafic ou de l’esclavage».

Un rapport de l’université de Tulane, en Louisiane, indiquait en mars 2011 qu’au moins 1,8 million d’enfants travaillent dans la production de cacao en Afrique de l’Ouest. Le ministre ivoirien du Travail et des Affaires sociales Gilbert Kone Kafana a déclaré à la BBC que les producteurs de cacao avaient une «obligation morale» d’aider la Côte d’Ivoire ravagée par des années de guerres civiles à se reconstruire.

Lu sur BBC

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