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En prison, en exil ou en liberté: le camp Gbagbo décapité et éclaté


l'ex-Premier ministre Gilbert Aké N'Gbo et Laurent Gbagbo le 7 décembre 2010 au palais présidentiel à Abidjan AFP/Archives Issouf Sanogo

Décapité avec l'arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril, l'ex-camp au pouvoir en Côte d'Ivoire est depuis lors éclaté entre les détenus, les exilés et ceux qui sont restés dans l'arène politique dans le pays.

EN PRISON

Laurent Gbagbo, avant de se voir notifier mardi un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), a été inculpé en août, comme son épouse Simone, de "crimes économiques" par la justice ivoirienne.

Plusieurs dizaines de personnalités du régime déchu, des civils, des militaires, des policiers et des gendarmes, sont détenues à Abidjan et dans le nord du pays pour "atteinte à l'autorité de l'Etat", "crimes économiques" ou crimes de sang.

C'est le cas de la plupart des principales figures du dernier gouvernement Gbagbo, dont l'ex-Premier ministre Gilbert Aké N'Gbo et l'ancien ministre des Affaires étrangères Alcide Djédjé.

Le Franco-Ivoirien Michel Gbagbo, fils qu'a eu l'ancien chef d'Etat avec sa première femme, compte aussi parmi ces détenus, de même que Pascal Affi N'Guessan, ex-patron du Front populaire ivoirien (FPI), parti de Laurent Gbagbo.

Début novembre, 20 personnalités de leur bord - mais aucun poids lourd - ont été libérées, une mesure interprétée comme un geste d'ouverture avant les législatives du 11 décembre, mais qui n'a pas suffi à convaincre le FPI d'y participer.

Plusieurs hommes-clés de l'ancien appareil sécuritaire sont derrière les barreaux: le général Georges Guiai Bi Poin, qui dirigea le redouté Cécos (Centre de commandement des opérations spéciales), le général Brunot Dogbo Blé, ex-chef de la Garde républicaine, et le commandant Anselme Séka Yapo, ancien responsable de la sécurité de Simone Gbagbo.

EN EXIL

La justice ivoirienne a délivré une série de mandats d'arrêt internationaux contre des pro-Gbagbo en exil en Afrique de l'Ouest.

Le plus célèbre d'entre eux est Charles Blé Goudé: l'ex-chef des "jeunes patriotes", un mouvement vu comme une milice par ses adversaires, circulerait d'une capitale à l'autre après avoir été aux avant-postes pendant la crise.

Justin Koné Katina, ex-ministre du Budget, exerce sa fonction de porte-parole du président déchu depuis le Ghana, où ont trouvé refuge de nombreux partisans de l'ancien pouvoir.

Les pressions d'Abidjan pour obtenir d'Accra l'exécution des mandats d'arrêt sont restées pour l'heure sans effet.

EN LIBERTE EN COTE D'IVOIRE

Une direction provisoire a pris les commandes du FPI, emmenée par les seconds rôles d'hier, comme le "président par intérim" Sylvain Miaka Oureto.

Longtemps voix discordante au FPI, l'ex-président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly, a créé sa propre formation, Lider, qui concourt aux législatives.

Ancien chef d'état-major de l'armée, rallié au président Alassane Ouattara au lendemain de la bataille d'Abidjan, le général Philippe Mangou n'a pas été inquiété.