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Somalie - La charia contre le dancehall

Les Somaliennes ont le goût du risque. Dans un pays où l’application de la charia (la loi islamique) est l’une des plus sévères au monde, certaines s’adonnent pourtant à des démonstrations de leurs talents de danseuse en public.

Voilées, elles se «trémoussent de façon très très sexy sur le rythme ragga dancehall du tube Ben Ova Ben Ova», décrit le site Afrik.com, qui a publié la vidéo d'une jeune fille voilée se déhanchant de façon suggestive. Beaucoup de jeunes somaliennes sont «fans de danses afro-américaines», un penchant qui peut pourtant leur coûter cher.

Car certaines provinces du pays, particulièrement dans le sud, sont sous la domination des Shebab, des islamistes radicaux liés à al-Qaida.

A Baidoa, toute femme a l’obligation de porter la robe traditionnelle islamique, dissimulant son corps et son visage aux regards extérieurs. Une peine de prison s’applique automatiquement pour celles qui ne respecteraient pas les directives des Shebab. D’après le site de CNN:

«Les islamistes radicaux contrôlent la ville. Ils vérifient que les commerçants ferment leurs magasins pendant les heures de prière […] Ils ont déjà abattu un Somalien de 20 ans qui ne priait pas à l’heure indiquée».

Malgré les diverses applications de l’islam, «la stricte interprétation de la charia interdit aux filles d’aller à l’école, exige que les femmes portent le voile et les hommes la barbe, et interdit la musique à la radio».

A Kismayu, les Shebab ont interdit les films et les matchs de foot à la télévision, les danses pendant les mariages, et les femmes n’ont pas le droit de travailler ni vendre quoi que ce soit. «Nous sommes nées et avons grandi en musulmanes et nous ne savons pas où l’islam dit que les femmes ne peuvent pas travailler. Ils ont pris ces idées en dehors de la Somalie, chez les Talibans et d’autres activistes», souligne Abdiwahab Abdi Sarmad, professeur d’histoire à l’université de Nairobi (Kenya), au site Jihad Watch.

Depuis janvier 2011, les Shebab sont allés encore plus loin en interdisant aux femmes de serrer la main à un homme en public, de sortir seule, de marcher ou parler en public avec un homme qui n’est pas de sa famille. Le Dailymail rapporte que «tous ceux qui ne respecteraient pas ces règles peuvent être emprisonnés, fouettés ou exécutés».

Hamdi Osman, étudiante dans la ville d’Elasha, décrit les islamistes qui arpentent la ville, à la recherche de femmes seules ou mal habillées:

«Une fois j’ai même été battue pour avoir porté la robe somalienne traditionnelle au lieu de la longue robe informe des islamistes.»

Depuis le 14 février 2011, les Shebab ont imposé l’enseignement du Jihad, la guerre sainte, dans les écoles des zones qu’ils contrôlent en Somalie.

Selon RFI, «la mixité est désormais interdite, et les professeurs qui ne se plieront pas à ces règles seront punis». Le cheikh Mohammed Abu-Abdallah, qui dirige les Shebab dans la région de Shabelle, estime que «les élèves doivent se faire expliquer l’importance de la guerre sainte».

Lu sur Afrik.com, CNN, Dailymail, RFI