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Maroc: nouvelle mobilisation dans la ville d'Al-Hoceïma

Une nouvelle manifestation s'est déroulée vendredi après-midi à Al-Hoceïma, ville de la région du Rif, dans le nord du Maroc, théâtre depuis des mois d'un mouvement de contestation populaire, a-t-on appris de sources concordantes.

Aux cris de "Vive le Rif", "non à la militarisation", ou dénonçant la "corruption" de l'Etat, des milliers de personnes se sont rassemblées en fin d'après-midi sur la place du centre-ville, selon des images diffusées en direct sur les réseaux sociaux.

"Etes-vous un gouvernement ou un gang?", proclamait une banderole, en forme de principal mot d'ordre du jour.

Soulignant le caractère "pacifique" de leur lutte, les manifestants, dont certains brandissaient des drapeaux amazigh ou de l'éphémère république du Rif proclamée dans les années 1920, ont ensuite marché dans la ville, avant de se rassembler de nouveau sur la place principale où le leader du mouvement, Nasser Zefzafi, a longuement harangué la foule.

Celui-ci a dénoncé pêle-mêle la "corruption" de l'exécutif et des politiciens locaux, les "mafias" locales, "l'esprit de répression" de l'Etat et de ses services de renseignement qui "manipulent les institutions", la "présence massive" des militaires dans la ville, le "sous-développement" de la région, le nouveau gouvernement islamiste...

S'en prenant au gouverneur local, il a une nouvelle fois rejeté les accusations de séparatisme, exigé la "libération" de militants de sa mouvance et la "démilitarisation" de la province, citant au passage des versets du Coran, alors que des jeunes filles ont psalmodié des prières en conclusion de son discours.

Le rassemblement s'est déroulé sans incident, et s'est dispersé vers 22H00 locale (21H00 GMT), selon des sources concordantes.

Les protestataires étaient près de 5.000, dont la moitié était des mineurs et une majorité venait de l'extérieur de la ville et même de la province, selon les autorités locales. Interrogé par l'AFP, un proche de Zefzafi a affirmé qu'ils étaient "jusqu'à 200.000".

Dans la région du Rif, réputée frondeuse et conservatrice, la province d'Al-Hoceïma est le théâtre de manifestations récurrentes depuis la mort fin octobre 2016 d'un vendeur de poisson, broyé accidentellement dans une benne à ordures.

L'incident avait suscité l'indignation dans le pays, qui a pris la forme à Al-Hoceïma d'un mouvement plus social et politique. Mené par un groupe d'activistes locaux, le "hirak" (la mouvance) pose de nombreuses revendications pour le développement du Rif, qu'il estime marginalisé.

AFP

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