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RDC - Premier bilan d'une journée électorale cruciale

En cette journée électorale du 28 novembre, peu d'incidents graves étaient à dénombrer à Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC), selon Radio Okapi, qui suit heure par heure le déroulement des élections. Dans la capitale Kinshasa, la pluie fait beaucoup parler d'elle. Elle a retardée l'ouverture des bureaux de vote et semble restreindre leur accès dans certaines communes.

«Dans la province de Kinshasa, à Masina: Au centre de vote situé dans le collège Boniface, une grande flaque d'eau devant le site empêche les électeurs d'y accéder», explique Radio Okapi.

«A Kinshasa, dans la commune de Kitambo: Dans les centres de vote de cette commune, l'ambiance est un peu morose, les électeurs se font attendre, sans doute à cause de la pluie. Seuls des témoins des partis et des observateurs sont présents. Dans l'un des centres de cette commune visité par notre journaliste, une cinquantaine de personnes seulement seraient venues voter depuis ce matin, alors que plus de 10.000 électeurs sont inscrits dans ce centre.»

RFI ajoute que tous les bureaux de vote ont ouvert en retard ce matin à l’exception de ceux du quartier central de la Gombe où Joseph Kabila, le président sortant, a voté. Dans un message à la nation, il avait appelé dimanche soir à aller voter en masse et dans le calme. «Notre pays vient de loin, d'une situation de guerre et de conflits en tous genres (...) Cette élection est un scrutin "pour la stabilité et l'avenir"», a-t-il poursuivi, en mettant en garde de ne pas revenir «à la case départ».

Dans d'autres provinces du pays, beaucoup d'électeurs ne trouvent pas leur nom sur les listes électorales, d'autres dénoncent un bourrage des urnes comme dans la ville de Goma dans la province du Nord Kivu comme l'indique Radio Okapi:

«Un incident sérieux est survenu au centre de vote situé dans le complexe scolaire La Joie. Des électeurs ont dénoncé un bourrage des urnes. Selon la CENI [Commission électorale nationale indépendante] il s'agissait d'un malentendu, dû au fait que les témoins des partis, observateurs et journalistes sont autorisés par la procédure à voter avant les autres électeurs. La police a cependant tiré pour disperser la foule. Le bilan actuel fait état d'un blessé à la suite de ces tirs.»

Même problème à Nyabibwe, dans la province du Sud-Kivu où «les noms de beaucoup d'électeurs ne figurent pas sur les listes affichées.» 

A Kananga, dans la province de Kasaï-Occidental, une province du centre du pays, le fief de l'opposant historique Etienne Tshisekedi:

«Une très vive tension est observée depuis le début de matinée dans les centres de vote de Kananga. Les électeurs se sont réunis tôt par milliers, mais ils ont de grandes difficultés à voter. Certains bureaux manquent de kits électoraux. Des électeurs ne retrouvent pas leurs noms sur les listes électorales. Les électeurs ont réagi violemment face à cette situation dans le centre de Bakole. Ils ont incendié le bureau et lynché l'un des présidents du centre.»

C'est à Lubumbashi, dans la province de Katanga (au sud est de la RDC), que la situation semble particulièrement tendue. Cette nuit, au Camp est, un quartier situé dans le centre ville de Lubumbashi, deux pick-up de la Commission électorale, la Céni, ont été incendiés. Le convoi qui transportait le matériel électoral a été attaqué vers 3 heures du matin. Selon Dikanga Kazadi, ministre de l'Intérieur de la province, l'attaque de ce camion aurait fait deux morts rapporte The Huffington Post. Dans la matinée, ce sont des coups de feu qui ont été entendus dans certains coins de la ville. Bilan: deux policiers et une électrice ont été tués dans l'attaque d'un bureau.

Pour RFI, ce fait illustre la multiplication des violences et des incidents dans le pays au fur et à mesure de la journée. La radio parle même d'une «situation chaotique à la mi-journée» en ajoutant:

«Situation tendue également à Kananga dans la province du Kasaï Oriental, où une congrégation religieuse est soupçonnée de participer à une opération de fraude en faveur du pouvoir. Une religieuse accusée d’être en possession d’un bulletin déjà pré-rempli a été molestée; elle a pu s’enfuir en courant vers le couvent. Un peu plus tard, ce couvent a été attaqué à coups de pierres et saccagé.»

A Kananga, au Kasaï Oriental, des bureaux de vote ont également été incendiés, des bulletins volés et d'autres déjà mis dans des urnes avant l'ouverture du scrutin. A Mbuji Mayi, dans le Kasaï Occidental, des bulletins de vote de la présidentielle ne porteraient pas le candidat N°11 (Etienne Tshisekedi) en bas de page selon RFI. «Problème de découpe», expliquent-on à la Commission électorale nationale indépendante, CENI.

Les résultats provisoires de la présidentielle sont attendus le 6 décembre au plus tard, ceux des législatives le 13 janvier.

Lu sur Radio Okapi, RFI, France 24, The Huffington Post, AFP

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