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RDC - Le volcan en éruption qui fait du bien

Il crache des fontaines de laves pouvant atteindre jusqu'à 200 mètres de hauteur. Il est considéré comme étant le plus actif d'Afrique. Pour certains vulcanologues, il s'agit là de la plus importante éruption de volcan du siècle. Situé dans le parc national de Virunga, à l'est de la République Démocratique du Congo, le mont Nyamulagira s'est réveillé le 6 novembre 2011. Pour le plus grand bonheur des gérants du parc.

Car depuis l'éruption du volcan, —localisé à environ 40 km de Goma, la capitale de la province du Nord Kivu—, le Nyamulagira attire des centaines de touristes dans la région. Des randonnées nocturnes à 300 dollars (environ 225 euros) sont organisées sur le site volcanique. Trois à quatre heures de marche pour, à l'arrivée, un spectacle hors norme. Une visite qui, il y a quelques années, n'aurait pas pu être possible dans cette région explosive de RDC.

Et pourtant, depuis 2008, le nombre de visiteurs du parc —créé en 1925— n'a cessé d'augmenter. De zéro en 2008, il est passé à 550 visiteurs en 2009, puis à 1.800 en 2010. En 2011, les administrateurs du parc attendent jusqu'à 3.800 visiteurs. Un accroissement de touristes qui, selon Cai Tjeenk Willink, chef du développement du parc, est révélateur de l'augmentation de la stabilité dans le pays.

Bien que les touristes ne puissent accéder qu'à la partie sud du parc national de Virunga pour des questions de sécurité, qu'ils ont l'ordre de ne pas parler fort et d'être les plus discrets possible, ils sont entre 60 et 70 à venir chaque semaine admirer le Mont Nyamulagira. Une bonne chose pour les professionnels du tourisme, qui espère faire du parc un des lieux les plus visités du continent africain. Pour Cai Tjeenk Willink:

«C'est un temps crucial pour le tourisme en RDC. Toutes les nouvelles concernant le pays sont toujours mauvaises. Aujourd'hui, près de 90% des messages laissés sur la région sont positifs grâce au volcan. On parle enfin de la RDC en des termes positifs.»

Même si Cai Tjeenk Willink est conscient qu'en cette période électorale, le nombre de touristes va diminuer, il espère que «la violence ne vienne pas compromettre nos opérations. Nous espérons que cette fois, les élections se déroulent sans incidents.»

Il indique que malgré la mort de 17 soldats chargés de surveiller le parc cette année, —140 en tout depuis une dizaine d'années—, aucun incident n'a été enregistré concernant des visiteurs. Pour lui, si le volcan continue d'être en éruption dans les semaines qui viennent et que les élections présidentielle et législatives se passent sans violence, le mont Nyamulagira pourrait aider à introduire une nouvelle ère de tourisme à l'est du Congo.

Cai Tjeenk Willink l'explique:

«La bonne chose est que le parc possède des attractions de haute qualité: la possibilité d'admirer des gorilles de montagne, de faire un safari à la découverte d'éléphants, de lions et de léopards, et détient l'une des plus hautes montagnes d'Afrique.»

Les éruptions volcaniques peuvent durer de quelques jours à plusieurs mois (comme ce fût le cas en 1991, l'éruption avait pris fin début 1993). Un business qui participe à la stabilité de la région mais aussi à l'amélioration de vie des habitants puisque les revenus du parc sont partagés avec les communautés locales.

Lu sur How we made it in Africa, BBC

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