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La danse contemporaine sud-africaine sourit au handicap

Alors que le festival de danse contemporaine Dance Umbrella vient de s’achever à Johannesburg, la capitale sud-africaine (il se tenait du 24 février au 6 mars 2011), le site du journal sud-africain Mail & Guardian revient sur la participation d’une compagnie hors-norme: la Remix Dance Company.

Créée en 2000, elle a pour particularité de faire danser des handicapés au côté de personnes valides. A l'époque, cela semblait une ambition peu banale en Afrique du Sud. Mais la compagnie a imposé petit à petit sa vision au public. Malcolm Black, son directeur artistique, lui-même en chaise roulante, confie:

«Il y a dix ans, les gens étaient vraiment mal à l’aise; même les journalistes se sentaient parfois gênés de voir des handicapés sur scène. Aujourd’hui cela a changé parce que c’est plus commun. Je pense qu’il y a une dimension unique que les gens apprécient: cela offre à la danse contemporaine une manière différente de raconter une histoire à travers le mouvement.»

Aujourd’hui, le travail de la compagnie est salué de toute part. En 2002, elle a été recompensée du Cultural Development Project Award décerné par l’Etat au projet culturel le plus prometteur.

Pour la première fois, Malcolm Black a présenté sa propre chorégraphie au festival Dance Umbrella: Off Key. Elle met en scène quatre danseurs, dont Nadine McKenzie, en chaise roulante, et Andile Vellem, qui lui est sourd.

La première est une jeune artiste de 20 ans qui a intégré la compagnie en 2005. Un accident de voiture lui a paralysé les jambes alors qu’elle n’était âgée que de deux ans. Aujourd’hui elle est la première danseuse handicapée habilitée à donner des cours en Afrique du Sud. Elle semble épanouie:

«J’ai trouvé ma seconde maison avec la Remix Dance Company. Elle est à l’avant-garde de l’innovation en Afrique du Sud. Sans cesse, elle cherche à casser les barrières entre les corps qui ont toutes leurs capacités et les danseurs aux capacités réduites.»

De manière plus large, Malcolm Black voudrait que les différences cessent d’être stigmatisées dans son pays, mais aussi que la danse contemporaine soit davantage reconnue:

«La combinaison (des différences) est le prochain défi du développement de ce pays, pas seulement celle des gens handicapés, mais aussi celle des gens différents par leur origine, leur culture, et leur milieu social. Remix est unique en matière de mariage des différences physiologiques.»

Lu sur le Mail & Guardian