mis à jour le

Une plantation d'huile de palme au Cameroun. Crédit photo: Lian Pin Koh via Flickr. CC BY
Une plantation d'huile de palme au Cameroun. Crédit photo: Lian Pin Koh via Flickr. CC BY

Votre consommation d'huile de palme accélère la déforestation en Afrique

Quatre millions d'hectares de forêts partent chaque année en fumée.

C'est un cycle sans fin où il n'y a ni gentils, ni méchants. Une étude, publiée dans l'Environmental research letters, démontre que la hausse de la demande mondiale pour des produits comme le café, l'huile de palme ou le chocolat pousse les agriculteurs à accroître leur surface cultivable en Afrique, au détriment de la forêt tropicale. Car si les plantations de cacao ou de café ou de d'autres produits tropicaux sont également importantes en Asie du sud-est ou en Amérique du Sud, c'est sur le continent africain que la législation est la moins restrictive pour les exploitants qui veulent empiéter sur la forêt et que les salaires sont les plus bas. Ce qui en fait un eldorado pour les investisseurs. 

Difficile d'en vouloir aux consommateurs, notamment des pays émergents, qui apprécient pouvoir ajouter à leur panier alimentaire des produits nouveaux pour eux, et aux fermiers qui y voient une opportunité d'augmenter leurs revenus sur le continent. Mais cette dynamique fait une victime: la forêt. 

«Lors des dernières décennies, les petites et moyennes exploitations se sont largement étendues dans les forêts tropicales. Mais, la croissance des investissements des multinationales dans les cultures industrielles ont aussi contribué à la déforestation, et aux impacts sociaux et environnementaux qui vont avec», analyse le site d'information Quartz à partir de l'étude

Destruction du bassin du Congo

Les auteurs de l'étude ont étudié l'impact de l'extension de 25 types de cultures dans les régions forestières d'Afrique. Dans le sud-ouest du Cameroun, une région agricole occupée à 86% par de la forêt tropicale, le gouvernement veut par exemple accroître de 65% la production d'huile de palme à l'horizon 2020. Le Cameroun ambitionne également de devenir le premier producteur mondial de cacao d'ici trois ans. 

«Chaque année, l'Afrique perd environ quatre millions d'hectares de forêts. L'impact sur le bassin du Congo, le deuxième territoire tropical le plus vaste au monde après l'Amazonie, montre que les dommages sont catastrophiques pour les populations locales», note le site Quartz. 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

Ses derniers articles: Les dix pays les pires pour les enfants sont tous situés en Afrique  Des dizaines de langues locales sont en voie de disparition en Afrique  Oui, le débit internet est plus rapide au Kenya qu'aux Etats-Unis