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Un quartier de Yaoundé, capitale du Cameroun. Crédit photo: Daniel KAMENI via Flickr. CC BY-SA
Un quartier de Yaoundé, capitale du Cameroun. Crédit photo: Daniel KAMENI via Flickr. CC BY-SA

Au Cameroun anglophone, un village d'irréductibles résiste à la coupure internet

Depuis deux mois, les régions anglophones n'ont plus accès à internet. La faute au gouvernement qui craint de nouveaux soulèvements populaires.

Depuis 70 jours, la région anglophone du Cameroun est coupée du monde. Après plusieurs semaines de soulèvements en janvier des populations du sud-ouest du nord-ouest (17% de la population camerounaise) qui se sentent discriminées par rapport à la partie francophone du pays, l'Etat a décidé de priver la région de toute connexion internet. 

Une politique radicale qui met en danger l'écosystème numérique très développé dans la région anglophone du Cameroun. «L'absence de réseau ne pèse pas seulement sur les échanges entre les habitants, elle pèse aussi très lourd sur l'économie», rappelait la radio RFI en février. «Concrètement ça pèse d’abord évidemment sur les entrepreneurs et notamment ceux de la ville de Buéa, que l'on appelle la Silicon mountain», expliquait à RFI Julie Owono, responsable Afrique de l'organisation Internet sans frontières.

Pour ne pas voir leur business mourir, des start-ups ont donc décidé de créer une «oasis» d'internet, en dépit des coupures, dans la région anglophone du pays. «Des développeurs ont travaillé ensemble pour créer ce qu'ils appellent un camp de réfugiés internet», rapporte le site d'information Quartz

Un village d'irréductibles internautes

Cet espace, sponsorisé par ActivSpaces, une start-up parmi les plus innovantes du pays, est situé dans le village de Bonako, distant de quelques kilomètres de la frontière de la région anglophone du Sud-Ouest et de la région francophone du littoral. 

Comme le raconte le site Quartz:

«Plusieurs start-ups ont loué une chambre dans le village de Bonako, l'ont meublé avec des chaises et des tables et installé l'électricité à l'aide d'un générateur. Une douzaine de membres de six start-ups opèrent désormais ici, chacun utilisant son propre téléphone comme modem internet». 

Un projet ardu mais qui fonctionne.

«C'était fastidieux. L'éloignement du village n'était pas facile à gérer. Mais le point positif est qu'ici il n'y a pas de trafic», confie Otto Akama, le chargé des réseaux sociaux de l'entreprise ActivSpaces. 

Dans un Cameroun anglophone sans internet, Bonako est devenu un village d'irréductibles. 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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