SlateAfrique

mis à jour le

Cameroun - Pour les Lions Indomptables, il ferait n'importe quoi

Toute équipe nationale de football a sa coqueluche, sa mascotte, son supporter emblématique. Au Cameroun, les Lions Indomptables ont Ngando Pickett.

Footballeur dans sa jeunesse, il a baroudé aux quatre coins de l’Afrique, tentant même l'aventure en Espagne. Mais de l’Europe, il ne verra qu’un port. Echec, retour au bercail. Et puis un jour, un rêve, une révélation, affirme le bonhomme:

«Je m’étais vu habillé comme je le fais aujourd’hui, avec mon short aux couleurs vert, rouge, jaune. Je me suis dit que j’avais trouvé mon chemin.»

Depuis la fin des années 90, il accompagne donc le Cameroun dans toutes les compétitions, drainant avec son groupe de supporters des milliers de fans répartis dans le monde.

Paré du même costume, un gros caleçon vert, rouge et jaune —les couleurs du Cameroun— son image a déjà fait le tour du monde. «Ngando Pickett est une vraie star au pays de Roger Milla», reconnue et respectée par les plus hautes autorités camerounaises.

Une icône telle qu’en 2010, la marque Puma, sponsor officiel des Lions Indomptables, en fait l’égérie de sa campagne publicitaire en vue du mondial en Afrique du Sud. L’affaire crée même la polémique, Ngando affirmant ne pas avoir été payé par Puma, ni contacté pour cette campagne. Aujourd’hui encore, le contentieux n’est toujours pas réglé.

Pour son équipe, Ngando est prêt à tout. Le 26 mars prochain, l’équipe nationale du Cameroun, actuellement en proie à une grave crise interne, affronte d'autres Lions, ceux du Sénégal à Dakar. Un match hautement important dans l’optique de la qualification à la prochaine Coupe d’Afrique des nations, qui se disputera début 2012, conjointement au Gabon et en Guinée équatoriale.

Pour cette rencontre capitale que les Lions indomptables ne peuvent pas perdre (sous peine de perdre leurs derniers espoirs de qualification), Ngando Pickett a décidé de se rendre dans la capitale sénégalaise par la route.

«Cette fois, je vais à Dakar comme en pèlerinage», explique-t-il. «Cet effort ressemble à un sacrifice pour la victoire. Le Cameroun ne peut pas se permettre de manquer une Coupe d’Afrique qui se joue presque chez lui, puisqu’elle se dispute au Gabon et en Guinée équatoriale, deux pays voisins et frères.

Ce voyage est aussi une leçon de patriotisme et d’abnégation à nos joueurs dont je voudrais qu’ils se remettent ensemble, qu’ils jouent et gagnent ensemble.»

Un périple qu’il a baptisé «la marche de la victoire». Plus de 3.000 km de Douala à Dakar, en passant par Lagos, Cotonou, Ouagadougou, ou encore Bamako.

 

Lu sur Guinguinbali