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Ouganda: plus de 155 morts dans les violences de Kasese fin 2016

Plus de 155 personnes, dont 15 enfants, ont été tuées pendant les affrontements entre les forces de sécurité ougandaises et les gardes d'un souverain local dans l'ouest du pays fin novembre 2016, a rapporté mercredi Human Rights Watch dans un rapport.

Ce bilan, établi au terme d'une enquête menée en janvier et février par l'organisation de défense des droits de l'Homme qui a interviewé 95 proches de victimes, responsables religieux, sécuritaires et administratifs locaux, est bien supérieur à celui du gouvernement ougandais qui fait état de 87 morts.

Les 26 et 27 novembre, à Kasese (ouest), la police et l'armée ougandaises avaient, dans une opération conjointe, assiégé puis donné l'assaut du palais du Roi du Rwenzururu, Charles Wesley Mumbere, défendu par des gardes armés uniquement de machettes, selon HRW.

Les autorités ougandaises avaient affirmé que ces gardes formaient une milice liée à un mouvement prônant la création d'une "République de Yiira" sur la zone frontalière entre l'ouest de l'Ouganda et une partie du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo.

La police soutenait également que les policiers avaient été attaqués par les gardes.

Peu après les faits, le roi avait été interpellé puis inculpé de terrorisme et trahison. Il avait été remis en liberté provisoire en février.

HRW appelle dans son rapport à une enquête internationale indépendante.

"L'assaut contre le palais à Kasese, qui a fait plus de victimes que tout autre événement depuis les pires heures du conflit dans le nord de l'Ouganda il y a plus de dix ans, ne devrait pas être dissimulé sous le tapis", a plaidé Maria Burnett, directrice adjointe de la division Afrique pour HRW.

"Des habitants de Kasese sont toujours à la recherche de proches, y compris des enfants, et ils sont en droit d'avoir des réponses et que justice leur soit rendue", a-t-elle ajouté.

Le porte-parole de l'armée ougandaise, le général Richard Karemire, interrogé par HRW dans son rapport, a indiqué qu'aucune enquête interne n'avait été menée ni n'était prévue. 

Selon l'ONG, au moins 55 personnes, dont 14 policiers, avaient été tuées le 26 novembre et plus de 100 personnes, dont au moins 15 enfants, avaient péri le lendemain.

Le porte-parole du gouvernement Ofwono Opondo a rejeté les conclusions du rapport dans un communiqué, estimant qu'il "manque de profondeur".

"Le rapport de Human Rights Watch aujourd'hui ignore les morts et les blessés causés par les miliciens sur les forces de l'ordre et les civils ces dernières années". "Le gouvernement ougandais défie les auteurs du rapport d'identifier les familles de prétendus disparus et enfants tués", a poursuivi le porte-parole.

De son côté, l'ambassade des Etats-Unis à Kampala s'est dite "profondément préoccupée par ces informations sur l'usage disproportionné de la force par les services de sécurité lors du raid du 27 novembre".

"L'ambassade appelle instamment le gouvernement à mener ou à autoriser une enquête juste et indépendante", poursuit l'ambassade des Etats-Unis, allié traditionnel de l'Ouganda dans la région, sur son compte Twitter. 

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