SlateAfrique

mis à jour le

RDC - Au Kivu, on fait campagne en cachant le nom de son parti

A quelques jours des élections législatives, le bilan politique des élus de la République démocratique du Congo est plus que mitigé et les partis dont ils sont les repésentants ont mauvaise presse. A tel point que dans le Nord-Kivu, une province du pays, plusieurs candidats à la députation préfèrent mener campagne sans faire allusion à leur parti politique d'origine, rapporte Syfia Grands Lacs.

Ainsi, sur les affiches de campagnes, banderoles et autres, seuls le nom, la photo et le numéro d’ordre sur le bulletin du candidat apparaissent. S’agissant des chansons de propagande, seuls le nom du candidat et son numéro sont évoqués.

L’analyste politique Kabambi Kananga s’est intéressé à ce phénomène de dissimulation:

«C’est une preuve que la campagne est personnelle, que les candidats ont peur d’afficher leur appartenance politique, car certains [partis] ont une mauvaise réputation».

Pour Augustin Muhesi, candidat malheureux à la députation en 2006, deux raisons expliquent le choix de ces candidats. Tout d’abord, ils ne souhaitent pas être les victimes collatérales des électeurs qui voudraient sanctionner un parti. Ensuite les candidats dénoncent le manque d’appui financier de leur parti.

Une candidate qui préfère garder l’anonymat témoigne:

«Jusque-là, alors que l’impression des outils de campagne coûte chère, je n’ai rien reçu de mon parti. Je me bats seul…».

Un autre candidat déclare:

«Le parti avait promis mais les choses traînent.»

Ainsi sur les 106 candidats présentés à Butembo, dans la région du Nord Kivu, pour 4 sièges à l’Assemblée nationale, moins de 50 ont lancé leur campagne.

Mais cela ne s’arrête pas là puisque certains députés devenus trop impopulaires dans leurs propres circonscriptions ont décidé de se présenter ailleurs, révèle un autre article de Syfia Grands Lacs.

«Ils ont certainement réalisé qu'ils ne pouvaient plus être réélus dans leurs circonscriptions respectives pour n'avoir pas répondu aux attentes de leurs électeurs», déclare Monsieur Malembe, informaticien à l’agence de presse.

«Ils ne peuvent plus postuler chez nous. Nous le leur avons déjà dit tout haut. Nous les avons déjà maudits pour leurs mensonges!»

Les résultats des élections diront si les stratégies des uns et des autres ont payé.

Lu sur Syfia Grands Lacs

A lire aussi

RDC: Gagner sa place au parlement, un très bon plan financier

RDC: comment éviter les fraudes?