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Somalie: le nouveau président tempère les espoirs de son peuple

Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed s'est attaché mercredi lors de son investiture à tempérer les attentes de ses concitoyens, prévenant que sa marge de manoeuvre "sera limitée" face à l'ampleur des défis qui l'attendent.

Plus connu sous son surnom Farmajo, le président a été investi à l'aéroport de Mogadiscio, l'endroit le plus sécurisé de la capitale, où s'était déroulée son élection le 8 février, pour éviter une attaque des islamistes shebab qui ont menacé de lui mener une guerre "sans merci".

Comme deux semaines plus tôt, le jour de son élection par un collège de parlementaires, Mogadiscio avait été placée sous haute surveillance par les services de sécurité: les rues étaient bloquées, les écoles et commerces fermés, et les vols commerciaux annulés.

"Notre gouvernement fait face à tellement de défis que même si je vais faire de mon mieux, je veux dire clairement au peuple somalien qu'en raison de nos moyens limités en matière économique ou concernant les forces de sécurité, que ce que nous pourrons faire sera limité", a-t-il déclaré.

"J'aimerais régler tous les problèmes lors des quatre prochaines années, mais ça va être difficile car tous ces problèmes ont été créés par 20 années de conflits et de sécheresse", a expliqué le nouveau président, qui avait prêté serment le soir même de son élection.

"Trouver les solutions prendra plus de 20 ans, donc je demande au peuple somalien de nous aider à essayer de résoudre les problèmes essentiels dans les années à venir. Si nous y parvenons, le reste sera réglé par les prochains gouvernements", a-t-il ajouté.

Au nombre de ces défis figurent notamment "l'insécurité généralisée", "les crises humanitaires comme les sécheresses qui frappent le pays", "la réconciliation entre les clans somaliens" ou encore "le rétablissement de la confiance du public à l'égard de leur gouvernement".

"Sous mon autorité, je promets que la Somalie retrouvera son honneur et son intégrité", a cependant affirmé Farmajo, en présence des présidents djiboutien Ismaël Omar Guelleh et kényan Uhuru Kenyatta, et du Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn.

- Reconstruire l'armée -

Son principal défi sécuritaire est principalement celui des shebab qui, pour sa cérémonie de passation de pouvoir le 16 février, avaient tiré des obus de mortier près du palais présidentiel, tuant cinq personnes, dont deux enfants.

Dimanche, les shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont encore montré leur capacité de nuisance en menant une attaque à la voiture piégée à Mogadiscio, qui a fait au moins 39 morts.

L'Etat somalien est soutenu à bout de bras par la communauté internationale et la force de l'Union africaine (Amisom), forte de 22.000 hommes, mais peine toujours à exercer son autorité au-delà de Mogadiscio.

Pour combattre les shebab, qui ont été chassés de Mogadiscio en août 2011 mais contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, Farmajo s'est engagé à se "concentrer sur la reconstruction des Forces armées nationales".

Dans le but d'avoir "une armée capable de servir son pays et son peuple", il a promis d'½uvrer conjointement avec l'Amisom, et de mieux coopérer avec les pays de la région et l'ensemble de la communauté internationale.

Farmajo jouit d'une réelle popularité auprès des Somaliens qui avaient apprécié son bref mandat de Premier ministre - huit mois en 2010 et 2011. Il avait alors séduit par son discours nationaliste assumé et ses efforts pour améliorer la gouvernance.

Cette légitimité lui permettra peut-être d'être mieux écouté que ses prédécesseurs par les jeunes Somaliens, qui pourraient être tentés par le discours jihadiste et qu'il a promis d'accueillir à "bras ouverts" s'ils renonçaient à cette voie.

La Somalie est plongée depuis la chute en 1991 du régime du président Siad Barre dans le chaos et la violence, entretenus par des milices claniques, des gangs criminels et des groupes islamistes.

AFP

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