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Somalie: Mogadiscio sous haute sécurité pour l'investiture du président

Rues bloquées, écoles et commerces fermés, vols commerciaux annulés: Mogadiscio était à nouveau paralysée mercredi par de fortes mesures de sécurité pour l'investiture du nouveau président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed.

Plus connu sous son surnom Farmajo, le président devait prêter serment à l'aéroport de Mogadiscio, l'endroit le plus sécurisé de la capitale, où s'était déroulée son élection le 8 février, pour éviter une attaque des islamistes shebab qui ont promis de lui mener une guerre "sans merci".

"Toutes les routes principales et les rues dans la capitale et en dehors ont été fermées la nuit dernière. La circulation est restreinte et seuls les véhicules des officiels sont autorisés à circuler", a expliqué à l'AFP un responsable de la police, Ibrahim Mohamed.

"C'est pour des raisons de sécurité. Tous les vols commerciaux sont annulés aujourd'hui et seuls les avions transportant les délégations sont autorisés", a-t-il ajouté.

Les écoles et commerces étaient également fermés, comme cela avait été le cas deux semaines plus tôt, le jour de l'élection de Farmajo par un collège de parlementaires.

Les présidents djiboutien Ismaël Omar Guelleh et kényan Uhuru Kenyatta et le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn étaient déjà arrivés en fin de matinée. D'autres dirigeants de la région étaient attendus, ainsi que des délégations koweïtienne et égyptienne.

Farmajo a pris ses fonctions le 16 février. La cérémonie de passation du pouvoir avait été marquée par des tirs de mortiers revendiqués par les shebab près du palais présidentiel, qui avaient tué cinq personnes, dont deux enfants.

Les shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont mené dimanche une attaque à la voiture piégée à Mogadiscio, qui a fait au moins 39 morts, témoignant du défi sécuritaire qui attend Farmajo.

Farmajo jouit d'une réelle popularité auprès des Somaliens qui avaient apprécié son bref mandat de Premier ministre - huit mois en 2010 et 2011. Il avait alors séduit par son discours nationaliste assumé et ses efforts pour améliorer la gouvernance.

Mais l'État somalien, soutenu à bout de bras par la communauté internationale et la force de l'Union africaine (Amisom), forte de 22.000 hommes, peine toujours à exercer son autorité au-delà de Mogadiscio.

Confrontés à la puissance de feu de l'Amisom déployée en 2007, les shebab ont été chassés de Mogadiscio en août 2011. Ils ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions, mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides.

La Somalie est plongée depuis la chute en 1991 du régime du président Siad Barre dans le chaos et la violence, entretenus par des milices claniques, des gangs criminels et des groupes islamistes.

AFP

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