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Quand les abeilles domptent les éléphants

Qui aurait cru qu’une abeille pouvait effrayer un éléphant? Dans ses derniers travaux la scientifique britannique Lucy King démontre que les abeilles peuvent «dompter» les éléphants. Cette découverte lui a permis de remporter l’Unep/CMS Thesis Prize en Norvège lors de l’assemblée de la Convention Migratory Species (CMS), révèle la United Nations Environment Program (Unep).

La United Nations Environment Program (Unep) coordonne les activités environnementales des Nations unies. La Convention Migratory Species (Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices appartenant à la faune sauvage) veille à la conservation des espèces migratoires. Tous les trois ans, l’Unep/CMS Thesis Prize récompense un doctorant dont la thèse porte sur le champ de la conservation.

Directeur de l’Unep, Achim Steiner a tenu a salué le travail de Lucy King:

«Ses recherches montre comment en travaillant avec plutôt que contre la nature, celle-ci peut offrir à l’humanité des solutions aux défis que les pays et les communautés doivent relever.»

Les travaux de Lucy King ont été supervisés par l’université d’Oxford. Cette chercheuse née en Afrique a effectué ses travaux au Kenya. Avec son équipe, elle a démontré que plus de 90% des éléphants fuyaient lorsqu’ils entendaient le bourdonnement des abeilles. Ces derniers ont également observé que les éléphants émettaient un grondement pour prévenir leurs «compères» du danger.

Pour lutter contre l’intrusion des éléphants dans les fermes, des ruches d’abeilles ont été installées sur les clôtures des fermiers. Aujourd’hui cela concerne plusieurs communautés fermières dans trois districts du Kenya. Ces ruches ont une double fonction puisqu'elles permettent également aux fermiers de vendre du miel.

Au cours de ses travaux, King a travaillé avec l’ONG Save the elephants qui lutte pour la protection du pachyderme. Aujourd’hui, la chercheuse souhaite implanter sa technique dans d’autres pays d’Afrique, voire d’Asie, rapporte BBC.

«Je ne suis pas certaine que ça marchera autre part, mais cette découverte peut potentiellement fonctionner en Afrique australe. Cette région abrite la plus grande population d’éléphants et les problèmes entre les hommes et ces animaux se multiplient.»

A mesure que la population africaine augmente, les conflits pour l’espace entre les hommes et les éléphants sont de plus en plus sérieux et font des victimes des deux côtés. Fin septembre, 200 éléphants de la région du Narok ont été transférés vers la réserve nationale du Masaï Mara. Cette décision fait suite à un accident au cours duquel un professeur qui assurait le tour de garde de sa ferme avait été blessé.

Lu sur BBC News

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