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Les islamistes marocains croient en leur bonne étoile

«Maroc sera islamiste», titre le magazine marocain francophone Tel Quel. A trois jours des élections législatives anticipées au Maroc, prévues le 25 novembre, la question d'une possible ressemblance entre le scrutin marocain et les élections du 23 octobre en Tunisie, qui ont vu la victoire du parti islamiste Ennahda, se pose. Une victoire des islamistes tunisiens qui pourrait donner des ailes au Parti de la Justice et du Développement (islamiste) au Maroc, rapporte Al Arabiya. Son chef, Abdelilah Benkirane, principale figure d'opposition au Maroc, croit fermement aux chances de son parti de s’imposer dans les urnes.

«C’est notre tour», assure-t-il.

Surfer sur la vague du «Ennahda» tunisien, voilà ce qu’espère le parti d’Abdelilah Benkirane, ainsi qu'obtenir un maximum de sièges à l’Assemblée au Maroc.

«Le Parti de la Justice et du Développement arrivera en première ou seconde position», déclarait un des leaders du parti.

«Toutefois le Maroc n’est cependant pas la Tunisie. Les modalités de participation, le déroulement et la transparence des élections restent fort différentes», note le site tunisien Kapitalis.

Kapitalis compare les deux processus électoraux et souligne de grandes différences. En Tunisie, un organisme indépendant, l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), a organisé les élections. Au Maroc, c’est le ministère de l’Intérieur, souvent accusé de manipuler les résultats, qui assumera la tâche.

Par ailleurs, le nombre de votants n’est pas le même à Tunis et Rabat. La participation calculée en Tunisie sur l’ensemble du corps électoral a été de 54,1%. Au Maroc, le nombre d’inscrits a baissé depuis 2007, alors que la population a augmenté, observe le site tunisien.  

Outre le parti islamiste, le parti Al Istiqlal d'Abbas El Fassi, nommé Premier ministre par Mohammed VI en 2007, devrait obtenir un très bon score lors du prochain scrutin. Al Istiqlal ne fait pas de l'ombre à la monarchie. Cette proximité avec le roi alaouite est un avantage quand on sait que le fils d'Hassan II détient le pouvoir dans quasiment tous les domaines, politique, religieux et judiciaire.

Par ailleurs, les élections législatives marocaines, anticipées avec 11 mois d’avance sur le calendrier normalement prévu, seront également une vitrine supplémentaire pour le mouvement du 20 février, né en 2011, qui réunit des jeunes laïques et des islamistes. Ce mouvement demande l’instauration d’une monarchie parlementaire, dans laquelle le roi déléguerait la gouvernance du pays à une Assemblée.

Lu sur Al Arabiya, Kapitalis

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