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Des éléphants dans le parc Hwange au Zimbabwe, le 6 septembre 2012. JEKESAI NJIKIZANA / AFP
Des éléphants dans le parc Hwange au Zimbabwe, le 6 septembre 2012. JEKESAI NJIKIZANA / AFP

Une sécheresse menace des milliers d'éléphants au Zimbabwe, mais l'Etat l'ignore

Le manque d'eau allié au mauvais entretien de réservoirs menacent plus de 8.000 pachydermes.

Le gouvernement du Zimbabwe ne fait plus grand-chose pour ses citoyens depuis des années. Inutile de dire que les autorités ont encore moins de scrupules à sauver de la sécheresse les éléphants qui peuplent les savanes du pays. Comme l'ensemble de l'Afrique australe, le Zimbabwe souffre pour la troisième année consécutive d'un climat exceptionnellement sec et chaud. 

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Même les citoyens se débrouillent comme ils peuvent pour pallier au manque d'eau. Alors que l'Etat ne fournit quasiment plus ce service de base –les coupures d'eau s'étendent de 3 jours à quelques semaines–, des marchands ambulants vendent des seaux d'eau dans les rues, comme dans la ville de Bulawayo. Sur ce marché, 20 litres du précieux liquide se vendent à 1 dollar, comme nous le racontions ici. 

Surpopulation

Les pachydermes, eux, font comme ils peuvent. Selon le journal britannique The Guardian, 8.000 animaux sont actuellement en danger de mort sous la menace de la sécheresse. Dans le parc national de Hwange, les animaux bénéficiaient depuis les années 1920 d'une réserve d'eau artificielle alimentée par un pipeline. Mais le manque d'entretien du site a provoqué son assèchement. 

Entre août et octobre 2016, le cruel manque d'eau a poussé des dizaines d'éléphants à se regrouper autour de minuscules points d'eau. Une fois ceux-ci vides, les pachydermes étaient pris au piège. 

Selon les autorités du parc de Hwange, 80 éléphants étaient morts d'un manque d'eau en 2012, lors d'un épisode de sécheresse. Selon les estimations, bien plus d'animaux sont décédés en 2015. Le parc a pointé du doigt le mauvais état des infrastructures pour alimenter les éléphants en eau, mais aussi la surpopulation du parc, qui compte 54.000 éléphants contre une capacité naturelle de 15.000. 

Un Etat en ruine

Il y a quelques mois, la vente à la Chine de bébés éléphants nés dans des parcs du Zimbabwe avait déclenché une polémique sur le comportement des autorités zimbabwéennes. Comme nous le racontions, il est possible d'acquérir un jeune pachyderme pour une somme de 40.000 à 60.000 euros. 

Dirigé d'une main de fer par Robert Mugabe, un dictateur nonagénaire, le Zimbabwe traverse une grave crise économique. L'hyper-inflation a obligé le gouvernement a abandonné la monnaie nationale et une majorité de la population est au chômage et peine à trouver de quoi se nourrir. 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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