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Des coptes prient pour les victimes d'un attentat à la bombe, le 11 décembre 2016 au Caire. SUHAIL SALEH / AFP
Des coptes prient pour les victimes d'un attentat à la bombe, le 11 décembre 2016 au Caire. SUHAIL SALEH / AFP

«Nous sommes des étrangers dans notre propre pays», disent des coptes au Caire

Un attentat à la bombe a fait au moins 25 morts dans une église copte du Caire dimanche 11 décembre.

C'est un dimanche noir. Le 11 décembre, l'explosion d'une bombe lors d'une messe à l'église copte Saint-Pierre-et-Saint-Paul au Caire a tué 25 personnes et fait 49 blessés, selon le dernier bilan des autorités. C'est l'attaque la plus meurtrière depuis des années contre cette communauté chrétienne, la plus importante du monde musulman – les coptes représentent environ 10% de la population égyptienne. 

Les coptes sont une cible pour les terroristes islamistes. Le 1er janvier 2011, un attentat, revendiqué par l’organisation Etat islamique (EI), avait fait 23 morts et 79 blessés à la sortie d’une église copte après la messe du Nouvel An à Alexandrie.

En Egypte, les chrétiens pointent également souvent les discriminations dont ils sont victimes. «Depuis longtemps, les chrétiens d'Egypte affirment qu'ils se voient refuser l'accès aux meilleurs postes dans de nombreux secteurs, comme à l'université ou dans l'armée», note le magazine Time

En octobre 2013, l'organisation Amnesty international avait dénoncé des violences commises au Caire contre les coptes par des partisans de l'ancien président Mohamed Morsi, comme nous l'avions raconté.  

«Il est extrêmement troublant qu'à travers toute l'Égypte la communauté chrétienne ait été prise à partie par des sympathisants du président destitué Mohamed Morsi qui voulaient se venger pour les événements du Caire», observait Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

Une colère qui monte

Ce 11 décembre 2016, les autorités égyptiennes ont apporté leur soutien à la communauté copte en affirmant qu’elles feraient preuve de «la plus grande fermeté face à ces lâches, responsable de cette attaque terroriste» et que ce drame ne faisait «que renforcer la cohésion du pays». Le président Abdel Fatah Al-Sissi a présenté ses condoléances aux proches des victimes et décrété trois jours de deuil national. De son côté, le patriarche de l’Église copte Tawadros II a interrompu sa visite en Grèce pour revenir au Caire.

L’imam d’Al-Azhar a également condamné l’attentat meurtrier: «Cibler des lieux de culte et tuer des innocents est un acte criminel qui viole les enseignements de l’islam», a-t-il déclaré, exprimant «toute sa solidarité» avec l’église touchée.

Les responsables religieux coptes et les fidèles sont connus pour s'être ralliés derrière le président Al-Sissi lors de son arrivée au pouvoir, «bien qu'il y a de plus en plus de voix dissidentes au sein de la communauté. Ils disent que peu de choses ont changé sous son mandat, et que les autorités échouent à empêcher les attaques contre leurs églises et leurs propriétés», explique Time magazine. 

Ayman, un jeune copte qui a survécu à l'attaque de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, a confié au journal La Croix:

«Ne pas comprendre ce qui arrive à son pays (…) On nous traite comme des faibles, comme des étrangers dans notre propre pays. Mais nous sommes plus forts que ça, plus forts que ces fous, nous ne sommes pas des gens qui font couler le sang. Nous les Égyptiens, nous sommes tous frères».

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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