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Des Gambiens célèbrent la victoire du leader de l'opposition Adama Barrow, le 2 décembre 2016. MARCO LONGARI / AFP
Des Gambiens célèbrent la victoire du leader de l'opposition Adama Barrow, le 2 décembre 2016. MARCO LONGARI / AFP

Le bonheur des Gambiens qui se réveillent dans une dictature devenue démocratie

En Gambie, l'autocrate Yahya Jammeh a reconnu sa défaite lors de l'élection présidentielle et quitte le pouvoir après 22 ans de règne.

Dans la vie d'un Gambien, un changement de chef d'Etat relève de l'exceptionnel. Depuis son indépendance en 1965, ce petit pays d'Afrique de l'Ouest enclavé au milieu du Sénégal, n'avait connu que deux dirigeants: Daouda Jawara, au pouvoir de 1965 à 1994, quand Yahya Jammeh le renversa lors d'un putsch. 

Le 2 décembre 2016, qui a vu l'annonce de la victoire du leader de l'opposition Adama Barrow au lendemain d'une élection présidentielle organisée pour la première fois de manière relativement libre, restera donc comme une grande date de l'histoire du pays. La Gambie goûte enfin à l'alternance démocratique. Pour une majorité des 1,84 million de Gambiens, dont environ 880.000 électeurs, le réveil est donc particulièrement agréable. 

Sur les réseaux sociaux, qui avaient été coupés pendant 48 heures avant l'élection, ils sont nombreux à avoir fait part de leur joie immense. 

«Aujourd'hui, je suis très heureux d'être le témoin de la fin de la dictature en Gambie. Les gens ont redonné vie à notre pays. Bienvenue à la nouvelle Gambie!».

 

«La Gambie est officiellement une démocratie». 

 

«La Gambie est finalement libre! Merci à tous d'avoir voté». 

 

«Je n'ai jamais été aussi fière des jeunes gambiens. Tellement fière de la Gambie. Tellement d'émotion maintenant.»

 

«Les mots ne suffisent pas à décrire comment je me sens maintenant! Je suis super fière de mon pays et de ses citoyens!». 

«J'ai pleuré pendant 22 ans»

Dans les rues des principales villes du pays, dont la capitale Banjul, les Gambiens célèbrent en masse ce changement de régime, comme le rapporte la BBC. «Nous ne pouvons pas nous arrêter de pleurer de joie», ont confié des habitants au média britannique. 

Selon la radio RFI, «des scènes de liesse ont d'ailleurs suivi l'annonce des résultats notamment dans la capitale Banjul. L’histoire est en marche et des centaines de personnes célèbrent la victoire d’Adama Barrow avec des cris, des chants, des klaxons et des tambours». «Je ne vais pas pleurer aujourd’hui, confie un homme dans la foule. J’ai pleuré pendant 22 ans, durant tout le pouvoir de Yahya Jammeh. Aujourd’hui, je suis la personne la plus heureuse du monde»

Ce 2 décembre, la Gambie est sûrement le pays le plus heureux du monde. Sur le continent, certains dictateurs doivent par contre avoir des sueurs froides devant cet exemple d'alternance démocratique. 

Camille Belsoeur

Journaliste à Slate Afrique. 

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