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Mali: devant la cour d'assises, le chef de l'ex-junte "a le moral"

Poursuivi pour "assassinat et complicité d'assassinat" de militaires, le chef de l'ex-junte malienne Amadou Sanogo, a déclaré "avoir le moral" à l'ouverture de son procès mercredi devant une cour d'assises de Sikasso, dans le sud du pays, a constaté un journaliste de l'AFP. 

"J'ai le moral. J'attendais ce jour", a brièvement déclaré à l'AFP M. Sanogo, vêtu d'un costume, l'air tantôt détendu, tantôt crispé.

L'officier comparaît avec 16 co-prévenus pour "enlèvement et assassinat, complicité d'enlèvement et d'assassinat" de soldats dont les corps ont été retrouvés dans un charnier en 2013. Il encourt la peine de mort.

Initialement prévue au tribunal de Sikasso (370 km au sud-est de Bamako), l'audience se déroule finalement dans une salle de spectacles pouvant accueillir un millier de personnes, la première salle du tribunal ayant été jugée trop exiguë.

"Le procès mettra le temps qu'il faut pour la manifestation de la vérité", a déclaré le procureur général, Mamadou Lamine Coulibaly, au début de l'audience devant une salle bondée. 

L'accès à cette salle se fait après une fouille, sous une sécurité renforcée autour du bâtiment avec la présence notamment de policiers et de la garde nationale, une unité de l'armée. 

La Chambre d'accusation de la Cour d'appel de Bamako a annoncé en décembre 2015 le renvoi aux assises des prévenus dans l'affaire dite des "Bérets rouges".

Opposés au putsch de mars 2012 conduit par Amadou Sanogo, alors obscur capitaine de l'armée, qui a renversé le président Amadou Toumani Touré, les "Bérets rouges" avaient vainement tenté un contre-coup d'Etat un mois plus tard avant d'être pourchassés par les putschistes.

Les corps d'une vingtaine de militaires appartenant à cette unité parachutiste avaient été retrouvés en décembre 2013 dans un charnier à Diago, près de Kati, où était basé le quartier général de Sanogo.

Le putsch de mars 2012 a précipité la déroute de l'armée face à la rébellion touareg et aux groupes jihadistes dans le nord du Mali. Cette partie du pays était alors tombée sous la coupe de groupes liés à Al-Qaïda, d'abord alliés de la rébellion touareg, qu'ils avaient ensuite évincée.

Les jihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

AFP

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