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Une rue d'Antananarivo le 28 août 2014. RIJASOLO / AFP
Une rue d'Antananarivo le 28 août 2014. RIJASOLO / AFP

Madagascar chasse les pauvres avant le sommet de la Francophonie

Antananarivo accueille son premier évènement international depuis 2009 et la grave crise post électorale de l'époque.

Le 16ème sommet de la Francophonie, qui réunit une trentaine de chefs d'Etat, se tient à Antananarivo, la capitale de Madagascar, du 22 au 27 novembre. Un retour sur la scène internationale, puisque pendant cinq ans de 2009 à 2014, la Grande île avait été suspendue de toutes les organisations mondiales dont elle était membre à la suite d'une grave crise post électorale. 

Pour fêter ce retour, Madagascar a donc voulu faire les choses en grand en «nettoyant» les rues d'Antananarivo pour donner une belle image de la mégalopole aux yeux du monde. Problème, en plus des détritus et des déchets qui jonchent le sol de la capitale, les agents de l'Etat ont également mené à la chasse aux sans-abris et mendiants. 

«Les nombreux sans-abris de la capitale ont ainsi été soudainement poussés à disparaître du centre-ville: ils ont été transportés, de nuit, dans des camions, vers des centres d’hébergement provisoire. Choqués, leurs concitoyens ont ironisé en faisant circuler la rumeur selon laquelle il serait aussi interdit de porter des sandales usagées pendant le sommet», rapporte sur place l'envoyée spéciale du site d'information Médiapart

«On cache les pauvres»

Le ministère de la Population malgache préfère parler lui «d'assainissement et de sécurisation de la ville». Un terme plus nuancé mais qui signifie la même chose. «À cause du Sommet de la Francophonie, on cache les pauvres pour donner une belle image de Madagascar au reste des pays étrangers», s'agace un habitant au micro de la Radio RFI

Autre critique, la gestion opaque des dépenses réalisées par le gouvernement pour cet évènement et les mesures radicales adoptées dans les rues d'Antananarivo à l'occasion du sommet, comme l'interdiction de circulation pour les charrettes. «Une application subite et quasi-immédiate sans mesure d’accompagnement, ni laisser aux concernés le temps nécessaire pour trouver une source de revenu alternative», note le journal L'Express de Madagascar.

Beaucoup d'argent

Ce sommet de la Francophonie soulève d'autant plus un sentiment d'injustice à Madagascar que l'enveloppe allouée à son organisation s'élève à environ 20 milliards d'ariary soit 5,7 millions d'euros. Ce qui correspond «au double du budget de plusieurs ministères, et pour toute l'année 2016», selon les calculs du SeFaFi, un cercle de réflexion et d'observation de la vie publique. 

«En réalité, le coût de l’événement est probablement beaucoup plus élevé, mais il n'est pas connu et la gestion par les pouvoirs publics des fonds est opaque», enfonce le site Médiapart. 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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