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Wole Soyinka en 2006 à Lagos au Nigeria. PIUS UTOMI EKPEI / AFP
Wole Soyinka en 2006 à Lagos au Nigeria. PIUS UTOMI EKPEI / AFP

Le premier prix Nobel africain de littérature veut quitter les Etats-Unis

L'écrivain nigérian Wole Soyinka, qui bénéficie d'une green card américaine, avait affirmé qu'il quitterait le pays en cas de victoire de Donald Trump.

Dans les heures qui ont suivi la victoire surprise du candidat républicain Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, de nombreux citoyens américains ont fait part de leur volonté de quitter le pays. 

«Le site de l'immigration canadienne est ainsi inaccessible depuis 5 heures, ce matin, heure française. On ne sait pas cependant pas s'il y a une relation de cause à effet entre les deux, mais il est facile d'imaginer le lien», a noté avec humour notre collègue Grégor Brandy sur Slate.fr

De manière plus sombre, un journaliste de USA Today raconte qu'un de ses collègues musulmans lui a tapé sur l'épaule avant de lui dire qu'il partait. À sa réponse «de la rédaction?», il a répondu «Non, du pays».

«Je déchirerai moi-même ma green card»

En plus des citoyens musulmans, Donald Trump avait visé dans ses saillies de campagne les immigrés d'origine africaine. Lors d'un discours donné à l'université de Wichita au Kansas, lors de la primaire républicaine en janvier 2016, il avait notamment déclaré: 

«Pour rendre sa grandeur aux Etats-Unis, nous devons expulser les musulmans, les Mexicains et les Africains, spécialement les Nigérians. Ils prennent nos emplois, les emplois des honnêtes américains qui travaillent dur». 

Son élection désormais validée, des immigrés africains sont donc tentés de faire leurs valises. Un cas symbolise ce mal-être: celui du premier prix Nobel de littérature africain, l'écrivain nigérian Wole Soyinka. Comme le rapporte le site Quartz, le prix Nobel 1986 bénéficie d'une green card américaine depuis de longues années. 

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Destination inconnue

Lors d'une conférence devant des étudiants de l'université d'Oxford au Royaume-Uni, il avait ainsi déclaré:

«Si, de manière improbable, il gagne, la première chose qu'il fera sera de dire que tous les détenteurs de green card doivent à nouveau candidater pour rester aux Etats-Unis. Ce n'est pas une chose que je ferai. Au moment où il annoncera sa victoire, je déchirerai moi-même ma green card et je ferai mes bagages». 

Wole Soyinka a été emprisonné pendant deux ans au Nigeria lors de la guerre civile de 1967. Il n'a pas dit s'il retournerait dans son pays natal en cas de départ des Etats-Unis. 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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