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Un poisson préhistorique fait son come-back

Des millions d’années avant que nos ancêtres Lucy et Toumaï ne foulent la terre de leurs pieds, le cœlacanthe, un énorme poisson, nageait dans les fonds marins. Cet être vivant exceptionnel a été le premier à quitter l’eau pour la terre, engendrant ainsi les amphibiens, les reptiles et les mammifères —parmi eux, l’homme, explique BBC News dans un article publié le 29 juin 2011.

C’est la raison pour laquelle ce poisson intéresse depuis longtemps les spécialistes du monde entier. Leur première rencontre avec le cœlacanthe fut impromptue. C’était en 1938, et la communauté scientifique croyait l’animal éteint. Seulement, aucun autre spécimen n’a été repéré pendant près de 40 ans. Il fallut attendre les années 70/80 pour en croiser quelques uns au large des Comores. Cet événement, gravé sur la pellicule, a permis aux chercheurs d’étudier l’espèce pendant près de 21 ans en l’absence de spécimen vivant.

Mais une équipe de scientifiques allemands et français vient de réaliser une nouvelle observation de l’animal préhistorique. Armés d’un véhicule télécommandé, ils ont réussi à suivre un groupe de cœlacanthes sur une distance de 8 km le long de la Grande Comore., île de l’océan Indien. Maniable, le robot a épié les poissons jusque dans les cavités où ils logent. En ressortent des images (filmographiques et photographiques), dont BBC News publie quelques morceaux choisis.

Grâce à elles, on connaît mieux ce «fossile vivant». Logés dans les paysages escarpés des volcans maritimes, les cœlacanthes vivent la nuit par 500 mètres de profondeur où ils se nourrissent, et se reposent le jour dans de cavités entre 170 et 240 mètres de fond. Ils sont quelque 300 à 400 espèces à habiter les côtes de la Grande Comore. On ne leur connaît pas d’autres prédateurs que les filets des pêcheurs. Ils sont néanmoins sensibles au réchauffement climatique, puisqu’il ne tolèrent pas une eau à plus de 22 degrés. 

Leur mystère n’est pas entièrement levé car les scientifiques n’ont pas réussi à croiser la nouvelle génération de ces cœlacanthes. Le seul bébé filmé durant les 21 années d’études l’a été en 2009. Résultat, les chercheurs n’en savent pas beaucoup plus sur la façon dont les adultes donnent naissance et pourquoi les enfants ne vivent pas avec leurs parents. Des informations indispensables pour préserver cette espèce précieuse. Heureusement, les scientifiques ont découvert que certains spécimens peuvent vivre jusqu’à 117 ans.

Lu sur BBC News