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Des chauves-souris en Australie en 2011. JOHN WILSON / AFP
Des chauves-souris en Australie en 2011. JOHN WILSON / AFP

L'épidémie d'Ebola a détourné les Africains de la viande de chauve-souris

C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.

La viande de chauve-souris est un met très apprécié dans de nombreux pays d'Afrique de l'Ouest et Centrale. Si vous n'avez jamais goûté à la chaire de ce mammifère volant, ne prenez pas cet air dégoûté: c'est juste délicieux à déguster en ragoût.

Mais il y a un un hic, la chauve-souris est soupçonnée d'être l'un des vecteurs du virus Ebola, qui a tué plus de 11.000 personnes au Liberia, en Guinée et au Sierra Leone lors de la dernière épidémie, entre décembre 2013 et mars 2015. 

«Selon la plupart des instances gouvernementales, les chauves-souris sont impliquées dans la contagion du virus. Depuis que l'épidémie d'Ebola est sous contrôle de nombreux gouvernements des pays concernés ont lancé des campagnes médiatiques pour freiner la consommation de viande de brousse», rapporte le site universitaire The Conversation

Des mesures qui ont été prises non seulement dans les trois pays les plus touchées par la crise sanitaire récente, mais aussi en Côte d'Ivoire, au Bénin, au Ghana, au Togo ou au Nigeria. 

Un réservoir du virus

Plusieurs études ont étayées le fait que des populations de chauves-souris étaient un réservoir potentiel du virus. 

«On pense que les chauves-souris frugivores de la famille des Pteropodidae sont les hôtes naturels du virus Ebola. Celui-ci s’introduit dans la population humaine après un contact étroit avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques d’animaux infectés comme des chimpanzés, des gorilles, des chauves-souris frugivores, des singes, des antilopes des bois ou des porcs-épics retrouvés malades ou morts dans la forêt tropicale», note l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur son site

En 2006, plusieurs chercheurs avaient publié les résultats de leur travail de recherche sur le terrain dans la revue universitaire Médecine sciences

«Ces analyses ont montré que trois espèces de chauves-souris frugivores sont asymptomatiquement infectées par le virus Ebola (...) Ainsi, des IgG anti-Ebola on été détectées dans le sérum de 16 chauves-souris (...) alors qu’elles n’ont été retrouvées dans aucune autre espèce de chauve-souris ni aucune autre espèce animale», écrivaient les auteurs. 

Une source de revenu qui s'envole

Si la chute de la consommation de viande de chauve-souris, et plus généralement de viande de brousse, sous l'influence des campagnes de communication des autorités d'Afrique de l'Ouest, a des impacts positifs d'un point de vue sanitaire, le commerce de viande de brousse était une source de revenu pour de nombreuses populations pauvres qui en sont aujourd'hui privée.

Maintenant que le risque de contagion d'Ebola est moindre, des recherches doivent donc être menées pour savoir si la consommation de viance de brousse représente toujours un risque sanitaire ou non, avance le site The Conversation. Pour ne pas pénaliser économiquement et dans le vide des populations déjà dans le besoin. 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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