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RDC - Mobutu, après le père, le fils?

Son nom n'échappera à personne: Nzanga Mobutu, président de l'Union des démocrates mobutistes (Udemo), est l'un des onze candidats à l'élection présidentielle qui aura lieu le 28 novembre en République Démocratique du Congo (RDC). Oui, il s'agit bien du fils de Sese Seko Mobutu.

Rentré du Maroc en 2005 après s'y être exilé en 1997 à la suite de la chute de son père qui avait été démis par Laurent-Désiré Kabila, père de Joseph Kabila, l'actuel président de la RDC. Nzanga Mobutu s'était déjà présenté à l'élection présidentielle de 2006. Il était arrivé en quatrième place au premier tour en remportant 4,77% des suffrages. Quand RFI lui demande si s'appeler Mobutu dans le Congo d’aujourd’hui est un avantage ou un inconvénient, il répond:

«D'un point de vue occidental, on peut se poser la question mais je vous répondrai tout simplement que j'ai fait 1 million de voix en 2006 en tant que candidat à la présidentielle. Ce nom de Mobutu est synonyme de paix, de sécurité, d'unité nationale».

Alors que Mobutu père est renversé par Kabila père, Mobutu fils fait alliance avec Kabila junior. Au second tour, il s'allie à l'actuel président Joseph Kabila. Radio Okapi explique:

«Mobutu a rejoint le camp Kabila en 2006 après une alliance électorale qui a permis à Joseph Kabila de remporter la présidentielle devant son challenger Jean-Pierre Bemba au second tour.»

Avec cette alliance, il devient alors ministre de l'Agriculture puis vice Premier ministre entre 2006 et 2011 de Joseph Kabila avant d'être démis de ses fonctions en mars 2011. Après avoir été révoqué du gouvernement, il avait annoncé s'être désolidarisé de cette coalition.

Le 7 septembre 2011, date symbolique du 14e anniversaire de la mort de son père, il dépose officiellement sa candidature pour l'élection présidentielle du 28 novembre. Sa nouvelle ambition: figurer parmi les trois premiers au classement final. Et pour ce faire, il compte bien utiliser son nom pour rallier les nostalgiques de l'ère Mobutu.

Le journal congolais La République affirme à ce propos:

«Mobutu Nzanga et ses partisans estiment avoir plus de chances aussi grâce à leur image plus soft que les adversai­res revanchards qui pas­sent le gros de leur temps à injurier et promettre la foudre aux vaincus.»

Une référence au climat tendu qui règne actuellement en République Démocratique du Congo (RDC) à l'approche des élections présidentielles et législatives du 28 novembre prochain, et notamment au candidat Etienne Tshisekedi qui avait appelé ses partisans le 7 novembre à «casser les portes des prisons.»

Nzanga Mobutu a notamment indiqué que l'Udemo était déjà en discussion avec d'autres partis politiques en vue de former une future majorité.

Agé de 41 ans, Nzanga Mobutu a commencé sa carrière politique en tant que conseiller en communication de son père.

Lu sur Radio Okapi, RFI

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