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Kenya - L'esprit d'entreprise qui soigne la dysenterie

Alors qu’on le soignait à l’hôpital pour une dysenterie provoquée par l’eau contaminée de son village au Kenya, Joel Mwale s’est dit qu’il devait faire quelque chose pour régler ce problème sanitaire. Quatre ans après, ce jeune Kenyan est devenu l’un des entrepreneurs les plus prometteurs d’Afrique. CNN revient sur son parcours.

De retour de convalescence, le jeune homme de 18 ans rassemble ses connaissances en physique apprises à l’école, ses économies (70 euros) et, avec l’aide de volontaires, il creuse un premier puits sur les terres d’une ferme. Près d’une centaine de personnes ont pu y venir s’approvisionner en eau quotidiennement, et gratuitement. Ce dispositif a réduit le taux d’infection dûe à l’insalubrité de l’eau. Quatre ans après, il fournit 500 foyers en eau potable.

Mais il a voulu aller plus loin et trouver le moyen de fournir une eau à tous les Kenyans. L’équation était assez ardue: en plus des fonds nécessaires pour mener à bien un tel projet, il devait financer ces études et aider sa mère à vivre. Un jour, le destin l’a mené à la source providentielle:

«Je marchais dans mon village. Il pleuvait, et j’ai vu de l’eau jaillir du sol, explique Mwale. Alors, je me suis dit qu’il serait bien de trouver un moyen de récupérer cette eau, la stocker dans un réservoir et la purifier pour la vendre».

Grâce au prêt d’argent d’un fermier local, il a pu réaliser son projet et créer son entreprise de récupération d'eau de pluie: «Skydrop». Le premier mois, il a vendu 10.000 bouteilles de cette eau purifiée à la moitié du prix du marché. Depuis, il a élargi sa clientèle, avec près de 33.000 bouteilles en 2010. Aujourd’hui, il a trois employés à plein temps et l’on peut acheter l’eau Skydrop jusqu’à Kampala, en Ouganda.

En septembre 2011, Joel Mwale a reçu le prix Anzisha (décerné entre autres par l’African Leadership Academy de Johannesburg) qui récompense l’innovation des jeunes entrepreneurs africains. Le jeune Kenyan a reçu en prime 22.000 euros pour développer son activité.

Il espère que son histoire donnera à d’autres jeunes Africains l’envie d’entreprendre:

«Pour que l’Afrique se réalise, les jeunes et les autres doivent intégrer le vrai esprit d’entreprendre. (…) afin d’exploiter pleinement leur potentiel.»

Lu sur CNN

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