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Des membres de l'ethnie oromo font le signe de croix au dessus de leur tête, le 2 octobre à Bishoftu. Zacharias ABUBEKER / AFP
Des membres de l'ethnie oromo font le signe de croix au dessus de leur tête, le 2 octobre à Bishoftu. Zacharias ABUBEKER / AFP

Poster sur Facebook devient un crime sous l'état d'urgence en Ethiopie

Le régime d'Addis-Abeba réprime dans la violence la révolte de l'ethnie Oromo.

Cela ressemble à une mauvaise blague. Mais non. Le gouvernement éthiopien va toujours plus loin dans sa répression de l'ethnie Oromo, qui manifeste depuis près d'un an contre la discrimination dont ses membres sont victimes.

La lutte de ce peuple d'Afrique de l'Est avait été médiatisée aux yeux du monde entier lors des Jeux olympiques 2016 à Rio. Arrivé deuxième du marathon, le coureur éthiopien Feyisa Lilesa avait franchi la ligne d'arrivée les poignets en croix au-dessus de la tête, le geste symbole de la «résistance» au régime face à la répression policière du gouvernement d'Haile Mariam Dessalegn. La télévision éthiopienne avait préféré montrer la victoire du Kényan Kipchoge plutôt que le passage du héros national

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La censure a passé un cap. Désormais, il est interdit de publier sur son compte Facebook des posts qui mentionnent l'état d'urgence, comme le rapporte le site Quartz. «Les forces de sécurité prendront des actions contre ceux qui consultent et publient ce genre de chose sur les réseaux sociaux», a dit le ministre de la Défense éthiopien lors d'un discours prononcé samedi 15 octobre sur la télévision d'Etat. Cette censure sera effective pour une durée d'au moins six mois et les utilisateurs qui violeraient l'état d'urgence s'exposent à une peine de trois à cinq ans de prison. 

«C'est trop tard»

Parmi les ethnies les plus représentées du pays, les Oromo manifestent de manière pacifique depuis des mois contre la marginalisation de leurs droits et de leurs libertés par le parti au pouvoir, dominé par la minorité tigréenne. Après une intensification de la révolte ces dernières semaines, la gouvernement a proclamé l'état d'urgence le 9 octobre. 

Regarder la chaîne télé Oromo Media Network ou la télévision satellite éthiopienne a également été déclaré comme illégal par le gouvernement. Ces médias sont en effet gérés par des opposants éthiopiens en exil. 

L'ONG Human rights watch estimait en août qu'au moins 500 manifestants avaient été tués par les forces de sécurité depuis le début des rassemblements «majoritairement pacifiques» en novembre 2015.

Pour tenter de calmer les Oromo, le gouvernement a annoncé une réforme du processus électoral pour permettre une meilleure représentation des différentes ethnies au sein des ministères. Mais pour le président du Congrès du peuple oromo: «Cela ne va pas apaiser les tensions. C'est trop peu, trop tard», a affirmé Merera Gudina, le leader de ce parti d'opposition.

 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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