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Le Soudan du Sud est "au bord du précipice", s'alarment d'anciens prisonniers politiques

Le Soudan du Sud est "au bord du précipice", ont mis en garde mercredi dans un communiqué les "anciens prisonniers politiques", un groupe influent représenté au gouvernement et ayant participé à l'élaboration de l'accord de paix d'août 2015.

Le groupe, qui compte deux ministres dans le gouvernement d'union nationale, s'alarme des récents "développements inquiétants, incluant des villages détruits et incendiés", "la destruction délibérée de récoltes et de réserves de nourriture", "les meurtres de civils dans des villes, des villages et plus particulièrement sur les routes".

Vingt-et-une personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été tuées samedi par des hommes armés dans l'attaque du camion qui les transportait entre la ville de Yei (sud) à la capitale Juba. Lundi, sur la route entre Juba et Numile, à la frontière ougandaise, trois bus ont également été attaqués. L'un des bus a été incendié et les passagers ont été rançonnés, sans qu'on sache si l'attaque a fait des victimes. 

"Le pays est au bord du précipice", poursuivent les anciens prisonniers politiques, qui ajoutent "avoir le devoir de publier ce communiqué en dépit de notre participation au gouvernement transitoire d'unité nationale".

Les "anciens prisonniers politiques" désigne un groupe d'hommes politiques sud-soudanais impliqués dans la lutte d'indépendance contre Khartoum et arrêtés en décembre 2013, au début de la guerre civile, sur ordre du président Salva Kiir. Leur influence est minime au sein du gouvernement, mais ils jouissent d'un certain respect auprès de la population.

"Si la trajectoire de ces inquiétants développements n'est pas modifiée, nous craignons que le Soudan du Sud ne s'enfonce sous peu dans un carnage génocidaire, le chaos total et finisse par se désintégrer", poursuit le communiqué signé de l'ancien ministre des Finances Kosti Manibe (2011-2013).

Le groupe réclame le "prompt déploiement" d'une force régionale de protection, un contingent de 4.000 soldats africains destinés à sécuriser Juba et dont le déploiement, voté par le Conseil de sécurité des Nations unies, se heurte en l'état aux vives réticences du gouvernement.

Mercredi, la mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) s'est également alarmée du regain de tensions dans le pays, mentionnant notamment des combats à Leer (nord) entre forces gouvernementales et celles fidèles à l'ex-président Riek Machar.

Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud a basculé en décembre 2013 dans une guerre civile qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts. Un accord de paix signé en août 2015 avait fait naître de timides espoirs de pacification, mais se trouve moribond depuis une flambée de violences en juillet à Juba.

AFP

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