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Le combat d'une Egyptienne en lice pour les législatives

A une dizaine de jours des élections législatives égyptiennes du 28 novembre, il est temps de coller les dernières affiches et de finaliser une campagne électorale, qui a commencé tardivement pour de nombreux partis. Outre les partis traditionnels, une trentaine de nouveaux partis, nés de la révolution, vont concourir pour obtenir un siège dans la future Assemblée du peuple (magliss al sharb).

Dalia Ziada, une des figures de la défense des droits de l’homme et de la société civile égyptiennes, fait également campagne pour obtenir sa place dans la prochaine assemblée. A l’âge de 29 ans, cette femme habituée des forums de discussions se lance en politique. A la veille des premières élections post Moubarak, cette jeune Egyptienne donne les raisons de son engagement au sein du parti al ‘Adl (la justice) lors d'un entretien pour le site Bikyamasr.

«Je travaillais dans la société civile depuis si longtemps et j'ai toujours soutenu que nous devions séparer la politique de la société civile. Ainsi, après la révolution, je pensais que c'était un devoir pour tout le monde qui travaille dans le domaine public de participer [à la vie politique].»

Dalia Ziada raconte les difficultés qu’elle rencontre parce qu’elle est une femme. Certains ne conçoivent pas de voir une femme inscrite sur une liste en lice pour les élections législatives. Outre son sexe, ce sont les relations que Dalia entretient avec les Etats-Unis, via des organisations américaines comme l'American Islamic Congress, qui cristallisent les critiques.

 «Certaines personnes ont malheureusement tenté de promouvoir cette image que les Etats-Unis cherchent à dominer la scène [politique égyptienne] en essayant de mettre des gens comme moi au pouvoir», confie la jeune femme.

Concernant la place de la charia dans la législation, Dalia Ziada rappelle que le parti de la Justice n’est pas opposé à la charia mais veut l’établissement d’une société civile. La charia doit être un guide moral mais celle-ci ne pas être la seule source de la loi, affirme la jeune femme.

Enfin la jeune candidate n’est pas dupe. Le rôle du Conseil suprême des forces armées (Scaf), au pouvoir depuis le départ d’Hosni Moubarak le 11 février, pourrait peser et influencer le vote. Par ailleurs, il demeure une inconnue, la place des feloul (les anciens du NPD, le parti de l’ex-raïs) dans ce scrutin: la justice égyptienne a autorisé leur participation aux prochaines élections.

Lu sur Bikyamasr

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