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Un journaliste filme le ministre nigérian du Pétrole lors d'un sommet de l'OPEP, le 4 décembre 2015 à Vienne. JOE KLAMAR / AFP
Un journaliste filme le ministre nigérian du Pétrole lors d'un sommet de l'OPEP, le 4 décembre 2015 à Vienne. JOE KLAMAR / AFP

Pourquoi la croissance est au plus bas depuis 20 ans en Afrique subsaharienne

Les prévisions estiment à 1,6% la croissance sur le continent africain en 2016.

Le continent africain est sans cesse annoncé comme l'eldorado du XXIe siècle en matière de croissance. Certains analystes y pointent l'immense classe moyenne potentielle dans ce réservoir de 1,1 milliard d'habitants, d'autres prédisent un boom de l'économie de service, alors que le secteur du numérique révolutionne déjà les pratiques des Africains avec par exemple le paiement par mobile. 

Mais de 4% en 2013, 4,5% en 2014 puis 3,0% en 2015, la croissance de l'Afrique subsaharienne devrait chuter à 1,6% en 2016, selon un rapport de la Banque mondiale. Une moyenne continentale qui cache de fortes disparités régionales. Si plusieurs pays pétroliers payent la note de leur dépendance à l'or noir, d'autres affichent des chiffres qui récompensent la diversification de leur économie. 

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Les bons élèves

Ils sont plusieurs pays à tirer leur épingle du jeu. Le Rwanda, l'Ethiopie et la Tanzanie devraient (encore) afficher une croissance supérieure à 6% en 2016, selon la Banque mondiale. Ce trio a les félicitations du jury en raison de sa régularité à produire une croissance forte malgré une conjoncture peu favorable. «Les pays performants, qu’ils soient "établis" ou "en voie d’amélioration", disposent généralement de meilleures politiques monétaires et fiscales, d’un meilleur cadre de réglementation de l’activité économique, d’une structure d’exportation plus diversifiée et d’institutions publiques plus efficaces», analyse la Banque mondiale.

Le Rwanda, par exemple, tire profit de ses efforts dans le secteur des nouvelles technologies. Kigali, la capitale, abrite de nombreuses start-ups et accueillera prochaine le premier aéroport pour drones du continent. Le pays profite également des fonds de nombreux investisseurs internationaux attirés par le climat propice aux affaires, notamment en raison d'un faible niveau de corruption. «Au Rwanda, l’activité économique est restée dynamique au premier trimestre, soutenue par la croissance de l’investissement fixe», note la Banque mondiale. 

Autre pays d'Afrique de l'Est à afficher de bons résultats macroéconomiques, l'Ethiopie a d'autant plus de mérites que des conditions climatiques défavorables n'ont pas eu un impact positif sur son agriculture. Mais, «l’engagement des autorités en faveur de la seconde phase de leur Plan pour la croissance et la transformation permettra de soutenir la croissance grâce à la poursuite de projets d’infrastructure publique», estime la Banque mondiale.

Les mauvais élèves

Selon la Banque mondiale, «l’effondrement du taux de croissance de l’ensemble du continent s’explique par les difficultés rencontrées par les plus grandes économies de la région. Principaux exportateurs de matières premières, ces pays subissent toujours les conséquences de la chute des cours, doivent faire face à des conditions de financement moins favorables et réajuster leur cadre macroéconomique.»

C'est notamment le cas du Nigeria. L'Etat le plus peuplé d'Afrique devrait connaître une croissance négative en 2016. La faute au cours du baril de pétrole qui est resté à un niveau très bas, mais aussi du Brexit. La sortie de l'Union européenne du Royaume-Uni, partenaire économique étroit d'Abuja, devrait pénaliser le Nigeria selon les analystes. «La combinaison des recettes pétrolières peu élevées, des perturbations de la production de pétrole, des retards dans la mise en œuvre du budget de 2016 et de la chute de la production manufacturière a poussé l’économie vers la récession», résume la Banque mondiale.

L'autre grande puissance économique du continent, l'Afrique du Sud, d'ailleurs au coude-à-coude avec le Nigeria pour la place de leader économique de la région, connaît également une croissance moribonde. Ce n'est pas le cours du pétrole qui pèse sur le pays de feu Nelson Mandela, mais la forte sécheresse qui a frappé le sud du continent. Un aléa climatique qui a perturbé le secteur agricole sud-africain. La chute du cours des matières premières à l'échelle mondiale a également eu un impact négatif sur le secteur minier. Mais l'Afrique du Sud devrait rester légèrement dans le vert, avec un PIB en hausse de 0,6%, «grâce à une augmentation de la production manufacturière et à une croissance soutenue de la croissance du commerce et de la finance, qui ont largement contrebalancé la chute des ventes au détail, la croissance du PIB au second trimestre. Il s’agit toutefois d’un faible rebond par rapport aux évolutions passées», note la Banque mondiale. 

Camille Belsoeur

Journaliste à Slate Afrique. 

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