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"Diamants du sang" en Sierra Leone: décès en prison d'un trafiquant inculpé de "crimes de guerre"

L'homme d'affaires belgo-américain Michel Desaedeleer, accusé de trafic de diamants et d'esclavage pendant la guerre civile au Sierra Leone et inculpé de "crime de guerre" et "crime contre l'humanité", est décédé dans sa cellule à Bruxelles, a indiqué jeudi la justice belge.

"Il est décédé dans la nuit de mardi à mercredi, vraisemblablement d'une cause naturelle", a expliqué à l'AFP un porte-parole du parquet de Bruxelles, confirmant une information du journal belge Le Soir.

Il est mort à la prison de Saint-Gilles, dans l'agglomération bruxelloise.

Michel Desaedeleer, 65 ans, avait été interpellé en août 2015 à l'aéroport de Malaga (sud de l'Espagne), alors qu'il s'apprêtait à partir aux Etats-Unis, où il réside. Transféré peu après en Belgique, il était depuis lors en détention provisoire.

Il devait comparaître mercredi devant une juridiction d'instruction, où il "espérait obtenir une remise en liberté avant la tenue de son procès", selon Le Soir.

Les faits qui lui étaient reprochés remontent à la période allant de "décembre 1999 à janvier 2000", avait indiqué en 2015 le parquet fédéral belge.

"Il est soupçonné d'avoir cherché des lieux d'extraction de diamants, d'avoir forcé des gens à travailler, d'avoir sorti des pierres précieuses et de les avoir injectées dans le circuit commercial", avait à l'époque expliqué un porte-parole du parquet fédéral, Jean-Pascal Thoreau.

"Les rebelles voyaient dans l'extraction des diamants un moyen de financer leur guérilla. Desaedeleer, lui, y voyait un intérêt purement économique", avait-il ajouté.

La Belgique le recherchait depuis une plainte déposée contre lui à Bruxelles en 2011 par cinq anciens forçats des mines de diamants au Sierra Leone.

Ces diamants ont financé la guerre civile qui a ensanglanté ce pays d'Afrique de l'ouest de 1991 à 2002.

"C'est la toute première fois qu'un homme d'affaires est arrêté pour son implication dans les deux crimes internationaux de pillage de 'diamants de sang' et d'esclavage de civils", soulignait en 2015 l'ONG suisse Civitas Maxima.

Le nom de M. Desaedeleer avait été mentionné dès 2000 dans un rapport de l'ONU sur le trafic de diamants au Sierra Leone.

Selon ce rapport, l'homme d'affaires avait signé en 1999 un accord avec le RUF (Front Révolutionnaire Uni), dirigé par Foday Sankoh, lui permettant d'exploiter les mines sierra-léonaises et de revendre les diamants à l'étranger --à Anvers notamment-- en les faisant transiter par Monrovia, au Libéria. 

En 2000, M. Desaedeleer avait insisté dans la presse sur la légalité de ce contrat.

AFP

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