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Un homme marche devant des ruines à Mogadiscio, le 11 août 2015. ABDIWAHAB MOHAMED / AFP
Un homme marche devant des ruines à Mogadiscio, le 11 août 2015. ABDIWAHAB MOHAMED / AFP

En Somalie, le succès bizarre du tourisme des ruines de la guerre civile

Ravagée par deux décennies de guerre civile, la Somalie se relève doucement.

C'est une destination qui n'existe pas dans le catalogue de l'entreprise Lonely Planet, spécialisée dans les guides de voyages, pourtant très riche. Ravagée depuis 1991 par la guerre civile, la Somalie est devenue au fil des ans une «no go zone» pour les Occidentaux. Selon le Global peace index 2015, qui mesure le niveau de sécurité d'un Etat, la Somalie arrive même en 157e position sur 162, juste devant la Syrie, l'Afghanistan, la Centrafrique, le Soudan du Sud et l'Irak. Les Shebab, un groupe djihadiste qui a fait allégeance à Al-Qaïda, mène notamment depuis des années des attaques meurtrières contre les casques bleus de l'ONU et les troupes gouvernementales. 

À lire aussi: John Kerry à Mogadiscio pour la première visite d'un secrétaire d'Etat américain

Mais comme le mentionne le site d'information Quartz, le gouvernement de Mogadiscio commence aujourd'hui à tirer profit de son histoire en valorisant le «tourisme de guerre», alors que la situation s'améliore progressivement dans la capitale et les alentours – pour la première fois un secrétaire d'Etat américain, en la personne de John Kerry, s'est rendu dans le pays en 2015. 

Des plages et des ruines

S'il n'existe aucune statistique sur le nombre de voyageurs qui visitent le pays, l'Association somalienne du tourisme tente depuis quatre ans de refaire de la Corne de l'Afrique une destination attractive. 

«La Somalie offre aux touristes un large choix d'expériences, comme de magnifiques plages au sable blanc, des cascades, des sources d'eau chaude, l'observation des oiseaux, des croisières fluviales ou encore les dommages causés par la guerre civile et classés comme du "tourisme sombre"», note l'Organisation mondiale du tourisme des Nations unies. Ce «tourisme sombre» existe déjà dans de nombreux endroits à travers le monde, comme avec les visites organisées sur le site de l'ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl. 

Cependant, se rendre dans le pays avec un visa tourisme n'est pas donné à n'importe qui. Un touriste britannique raconte au site Quartz être allé sur place via l'entreprise Untamed Borders, une agence de voyage britannique spécialisée dans l'accompagnement de voyageurs hors des sentiers battus (c'est le moins que l'on puisse dire), du Cachemire à l'Afghanistan. «Pendant leur voyage, les clients sont escortés par un personnel de sécurité de haut-niveau, un traducteur et un fixeur», précise Quartz. 

Un peu plus qu'un guide du Lonely Planet donc. 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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