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Tunisie: accord de sortie de crise avec le groupe pétrolier britannique Petrofac

Un accord a été trouvé vendredi pour une reprise des activités du groupe britannique de services pétroliers Petrofac sur un champ gazier de Tunisie bloqué depuis des mois par un conflit social, un dossier sensible dans un pays confronté à de lourds défis économiques.

"Nous avons signé un accord avec Petrofac (...) après des négociations qui ont duré jusqu'à trois heures du matin", a dit à l'AFP le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi.

"Le problème est terminé et la compagnie va déterminer, sur le plan technique, quand elle va reprendre ses activités", a-t-il ajouté.

Dans un bref communiqué transmis à l'AFP, Petrofac a de son côté indiqué "avoir hâte de reprendre ses activités normales en Tunisie", sans autre précision.

Après des jours de spéculations dans la presse, le gouvernement tunisien avait annoncé mercredi que Petrofac avait entamé les procédures pour quitter le champ de Chergui, au large des îles Kerkennah (sud-est), qui fournit 12% de la production nationale. 

Cette production était à "l'arrêt total" depuis janvier en raison d'un conflit social, des manifestants réclamant des emplois permanents, selon la ministre de l'Energie Hela Cheikhrouhou.

L'accord, négocié en présence de représentants de la société civile de Kerkennah (pêcheurs, manifestants, syndicalistes et diplômés chômeurs), prévoit "d'employer (les protestataires) sur trois ans, de créer une société pour le développement de Kerkennah (...) et la reprise de la production de Petrofac", a précisé M. Trabelsi.

La crise avait éclaté à l'arrêt d'un programme temporaire créé après la révolution de 2011, en grande partie financé par Petrofac au nom de la responsabilité sociale des entreprises. Des diplômés chômeurs avaient à cette époque été employés dans des institutions publiques et rémunérés par des compagnies pétrolières par le biais de l'Etat, sans toutefois disposer de contrat, d'assurance ou de retraite.

La société britannique a expliqué en début d'année ne plus pouvoir continuer à financer ce programme, et appelé l'Etat tunisien "à faire son travail".

Les protestataires "étaient mis à la disposition de compagnies (publiques) mais sans contrats de travail, sans avenir, et recevaient une rémunération qui a été interrompue il y a neuf mois. Ils se sont donc retrouvés dans la précarité", a reconnu le ministre des Affaires sociales.

Le conflit avec Petrofac a fait remonter plusieurs problèmes à la surface à Kerkennah, îlots où l'exploitation de pétrole et de gaz a eu selon nombre d'habitants un impact sur la pêche et le tourisme.

Ce dossier a été présenté ces derniers jours par les médias tunisiens comme un test pour le nouveau gouvernement de Youssef Chahed, entré en fonctions il y a moins d'un mois.

L'annonce de sa résolution intervient alors que la Tunisie se prépare à accueillir fin novembre une conférence internationale sur l'investissement en présence de plus d'un millier d'entreprises.

Après des années d'attente, le Parlement tunisien a adopté samedi un nouveau code de l'investissement, censé lever un certain nombre d'entraves bureaucratiques et favoriser l'attractivité dans ce pays, unique rescapé des Printemps arabes.

AFP

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