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Au salon de l'élevage, les délégués africains en quête de technologies françaises

Les délégués africains venus au salon international de l'élevage Space, à Rennes, se montrent gourmands de technologies nouvelles, de l'insémination aux méthodes de construction, pour renforcer leurs méthodes de production fragiles en s'inspirant du modèle français. 

Produits de santé animale, sélection génétique, laboratoires de contrôle phytosanitaire, hangars et poulaillers solides: les nombreux représentants venus à Rennes ressentent tous le besoin d'un "accompagnement technologique" et de formations, en France ou en Afrique, pour s'adapter à une conjoncture fragile.   

Interrogés par l'AFP, plusieurs opérateurs publics et privés d'Afrique de l'Ouest se sont dits prêts à acquérir des technologies au prix fort, et améliorer ainsi la santé précaire du consommateur local. Ils cherchent aussi à attirer les investisseurs français.  

"Nous sommes ici parce que nous voulons nous inspirer du modèle français", assure à l'AFP Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre ivoirien des ressources animales et halieutiques, qui vient au Space pour la troisième fois, à la tête d'une délégation de 60 opérateurs publics et privés.

"D'autres, comme les Iraniens qui veulent investir en Côte d'Ivoire, y arrivent mais nous voulons que des Français puissent s'y implanter", dit-il à l'AFP, vantant le fait qu'ils sont déjà nombreux sur place, et en terrain connu. 

Venu de Guinée et spécialisé dans la commercialisation des produits avicoles, notamment les ½ufs, Kaba Yousfa souligne le besoin de formation des agriculteurs et "l'archaïsme" des méthodes d'élevage du paysan local.

"L'élevage au sol est beaucoup plus exposé chez nous. Nous n'avons pas de batteries, et nous avons de grands problèmes d'hygiène", reconnait-il.

Jean-Pierre Konan Banny est le coordonnateur d'un projet phare gouvernemental ivoirien de gestion intégrée de fermes d'élevage, avec 10 stations d'amélioration des performances des animaux. Un projet qui s'est développé avec l'appui des partenaires du Space.

"Ici on vient repérer les animaux et, s'ils nous convainquent, on achète leurs semences pour l'insémination chez nous", dit-il. 

- 'plus professionnel, moins politique' -

Ibrahima Ndoye est lui délégué par Promosalons, société basée à Dakar, "qui donne des outils d'aide à la décision de s'installer" en Afrique de l'Ouest (Sénégal, Burkina Faso, Mali, Guinée, Mauritanie). Il vient depuis 15 ans au Space.

"Nous préférons ce salon à celui de Paris car il est plus professionnel, moins politique", estime-t-il. "Ici on prend des entreprises à un niveau A et on les mène jusqu'à un niveau Z", affirme-il, enthousiaste.

Ainsi, raconte le délégué, il y a douze ans, le Sénégalais Moustapha Mbacke, un éleveur autodidacte, était venu avec lui au Space. "Il a acheté un matériel de 25.000 euros pour mélanger les aliments de bétail. Maintenant il a installé des succursales dans les sept régions du Sénégal. De 10 employés au départ, il en a 150", explique M. Ndoye.

La santé des vaches présentées par les éleveurs bretons impressionne les délégués africains: "Leurs animaux sont d'une telle robustesse que n'importe qui voudrait en disposer ce soir. Nous voulons nous inspirer du modèle de la Bretagne dans la pêche et l'élevage, transférer les nouvelles technologies appliquées ici".

Il dit être surtout venu à Rennes pour relever "le défi ivoirien de l'autosuffisance en protéines animales et halieutiques".

"Dans le cadre de la sécurité alimentaire, nous avons besoin de laboratoires de référence, à l'image de ceux qu'on trouve en France. Nous sommes en train de voir comment nous pouvons amener des investisseurs français à venir implanter ces laboratoires de référence pour effectuer les analyses des produits que nous consommons. Un animal qui est bien nourri, c'est l'homme qui s'en trouve heureux. Cela participe de la biosécurité".

"Nous avons besoin de machines de haute technologie pour développer notre élevage qui utilise des instruments archaïques", souligne-t-il encore. Il cite ainsi l'intérêt ivoirien pour "des machines qui  récupèrent la fiente de poulet qui sera ensuite injectée sur les sols en vue de les rendre plus riches".

"Si nous faisons de la production animale, il faudra aussi que fassions de la production agricole qui rentre dans la composition des aliments pour les animaux", argumente-t-il.

AFP

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