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RDC - Des élections sous haute tension

«Il n'y aura pas de report des élections» a indiqué le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de la République Démocratique du Congo (RDC). Les élections présidentielle et législatives auront donc bien lieu le 28 novembre prochain, en dépit des demandes des associations de défense des droits de l'Homme de reporter l'élection en raison du climat de violence qui règne autour de la campagne électorale.

Onze candidats sont actuellement en lice pour la deuxième élection présidentielle au suffrage direct que connaîtra la RDC après cinquante ans d'indépendance. Une entreprise délicate à réaliser pour le plus grand pays de l'Afrique subsaharienne, où plus de 30 millions d'électeurs sont attendus dans les bureaux de vote.

Preuve des tensions existantes en RDC autour de ces élections, le désaccord au sein même de la Ceni entre le président et le vice-président de la commission. Comme l'indique Radio Okapi, le vice-président Jacques Djoli aurait affirmé que les élections seraient reportées «si son institution n'est pas prête». Des propos qu'il aurait tenu le 12 novembre dernier en Belgique selon le quotidien L'Avenir. Cette déclaration, reprise par plusieurs médias congolais, a vite été démentie par le vice-président, avant que le président de la Commission Daniel Ngoy Mulunda n'affirme:

«Les urnes sont là, et les bulletins sont imprimés, seul un cataclysme naturel pourrait nous faire changer de calendrier», rapporte RFI.

En août dernier, c'étaient les listes électorales qui posaient problème. Aujourd'hui, une série de rumeurs, de déclarations et contre-déclarations illustrent bien le climat politique dans lequel se trouve la RDC. Car entre les candidats, la tension est vive. Etienne Tshisekedi, l'éternel opposant au pouvoir, a augmenté ce climat d'insécurité en s'auto-proclamant le 6 novembre dernier président de la République et en appelant ses partisans à «casser les portes des prisons» si le gouvernement ne libérait pas des manifestants arrêtés au cours de la manifestation du week-end du 5-6 novembre. Comme le rappelle France 24, le 9 novembre, les Nations unies ont fait part de leur vive préoccupation concernant le climat pré-électoral dans le pays. Un rapport de l'ONU, a indiqué:

«Ces derniers mois ont été marqués par de nombreuses violations des droits de l’Homme empreintes de motivations politiques […]. Il existe un risque significatif d’augmentation des violations des droits de l’Homme et des actes de violence».

Une crainte de la montée des tensions notamment entre les partisans des onze candidats, qui, généralement, soutiennent un candidat en fonction de son appartenance ethnique comme le rappelle France 24:

«Déjà en 2006, l’entre-deux tours de la campagne électorale avait été émaillée de violences. Dans les rues de Kinshasa notamment, des partisans de Joseph Kabila, le président actuel, et de son rival Jean-Pierre Bemba s’étaient affrontés à l’arme lourde.»

Lu sur Radio Okapi, France 24, L'Avenir, RFI

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