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Soudan du Sud: les autorités religieuses appuient l'ONU sur la force de protection

Le Conseil de sécurité de l'ONU, actuellement au Soudan du Sud pour tenter de convaincre le président Salva Kiir d'accepter le déploiement de Casques bleus supplémentaires, a reçu samedi le soutien des principales autorités religieuses du pays, qui plaident pour le déploiement rapide de cette force de "réconciliation".

Les diplomates des 15 pays du Conseil, arrivés vendredi à Juba, ont rencontré les leaders religieux - catholique, protestant et musulman - de ce pays meurtri par une guerre civile dévastatrice.

L'ONU a décidé le 12 août d'envoyer à Juba une force de "protection" de 4.000 soldats africains pour sécuriser Juba et son aéroport et, plus largement, venir en appui aux 13.000 hommes de la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss), décriée pour son incapacité à protéger les civils lors de récents combats à Juba.

Mais la tâche des ambassadeurs onusiens s'annonce ardue: le gouvernement de M. Kiir se montre très réticent à l'idée de cette force dont le mandat, plus robuste que celui de la Minuss, sape selon lui la souveraineté nationale.

"Cette force devrait venir et elle devrait venir maintenant. Je pense que cette force nous aidera à avancer dans la mise en oeuvre de l'accord" de paix, a plaidé à l'AFP l'archevêque catholique de Juba, Paulino Lukudu Loro.

Les combats de juillet avaient mis en péril un fragile accord de paix signé en août 2015 pour mettre un terme à une guerre civile déclenchée 18 mois plus tôt et qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts.

"En tant que pays, nous n'avons pas les moyens de régler ce bazar, nous ne pouvons remettre le pays sur les rails tout seuls. Et il n'y a rien d'humiliant à ce besoin d'être aidés", a ajouté l'archevêque.

L'Église, catholique ou protestante, est une autorité morale respectée et influente dans ce pays majoritairement chrétien. Les évêques ont joué un rôle prépondérant dans la recherche de solutions pacifiques par le passé, que ce soit au niveau local ou national.

C'est dans les églises que se réfugient souvent les Sud-soudanais fuyant les combats, comme ce fut le cas en juillet dans la capitale.

- Embargo sur les armes -

Des combats à l'arme lourde ont opposé à Juba, du 8 au 11 juillet, les troupes du président Kiir et celles loyales à l'ex-chef rebelle Riek Machar, faisant plusieurs centaines de morts.

Dans la foulée, Riek Machar a dû fuir Juba. Il a ensuite été évincé du gouvernement d'union nationale et remplacé au poste de vice-président par son ancien allié Taban Deng Gai, au grand dam des partisans de M. Machar, qui est désormais réfugié à Khartoum.

Pour Mgr Lukudu, le nouveau contingent doit être considéré comme une "force de réconciliation". La flambée de violences de juillet à Juba a été marquée par des meurtres et de nombreux viols perpétrés sur des lignes ethniques, les Nuer, l'ethnie de M. Machar, ayant été pris pour cibles par les troupes du camp de Salva Kiir, issues de l'ethnie Dinka.

L'archevêque anglican Daniel Deng Bul a abondé dans le sens de Mgr Lukudu, estimant que "les Nations unies sont temporairement le père du peuple sud-soudanais".

Mais, avant même de rencontrer des membres du gouvernement dans l'après-midi de samedi, le Conseil de sécurité a déjà pu toucher du doigt les réticences du camp présidentiel face à la nouvelle force, le responsable d'une association proche du pouvoir expliquant que la situation sécuritaire s'est grandement améliorée depuis l'exil forcé de Riek Machar. Un argumentaire largement repris ces dernières semaines à Juba par les pro-Kiir.

"Regardez ce que nous avons fait avec Taban Deng comme vice-président, nous avons fait de gros progrès" sur l'application de l'accord de paix, a ainsi défendu à l'AFP Albino Bol Dhieu, président de l'Union de la Jeunesse du Soudan du Sud.

En cas d'obstruction du gouvernement au déploiement de la nouvelle force, le Conseil de sécurité, qui doit s'entretenir avec Salva Kiir dimanche, a déjà brandi la menace d'un embargo sur les armes. 

AFP

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