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Des enfants jouent sur une plage de Bujumbura, le 4 juin 2015. CARL DE SOUZA / AFP
Des enfants jouent sur une plage de Bujumbura, le 4 juin 2015. CARL DE SOUZA / AFP

Au Burundi, les femmes n'ont plus le droit de porter des jupes trop courtes

Un projet de loi qui comporte un texte sur l’interdiction des «tenues indécentes» sur la voie publique a été voté par le Sénat.

Sur les plages du sud-est de la France, être trop couvert sur le sable peut être synonyme de verbalisation: c'est ce qu'on subit plusieurs femmes habillées d'un burkini sur la Côte d'Azur. Une discrimination qui a déclenché une violente polémique. 

À plusieurs milliers de kilomètres de là, ce n'est pas le haut du corps qui est dans le viseur des autorités, mais les jambes. Au Burundi, un projet de loi sur les violences sexuelles a été voté par le Sénat le 18 août. «Un texte qui comporte une disposition controversée sur l’interdiction des "tenues indécentes" sur la voie publique», comme le rapporte Jeune Afrique. Drôle de façon de lutter contre les violences sexuelles que de repousser le problème sur la femme.

À Bujumbura, la capitale, plusieurs cas de femmes verbalisées pour des jupes trop courtes ont déjà été rapportés. Des témoins ont signalé des verbalisations dans le centre-ville, mais aussi sur la plage de Lacoste Beach, qui s'étend au sud de la ville sur les rives du lac Tanganyika.

«Attentats à la pudeur»

«À en croire certaines sources, et les images qui circulent sur les réseaux sociaux, c’est la police anti-émeute, l’unité connue pour la terrible répression qu’elle mène dans les quartiers dits contestataires, qui conduisait l’opération», précise Jeune Afrique.

Les autorités ont répondu à ces accusations en affirmant qu'aucune loi ne condamnait le port de la mini-jupe. «Mais attentats à la pudeur toujours interdits», a écrit sur son compte Twitter Pierre Nkurikiye, le porte-parole de la police nationale. Ce qui trace une ligne mince entre la non-interdiction de la mini-jupe mais la condamnation de tenues trop légères...

L’initiateur du projet de loi, Martin Nivyabandi, ministre des Droits de l’homme et du Genre, s'est également exprimé sur son compte Facebook en affirmant un peu près la même chose. 

«Des fausses informations et parfois malveillantes semblent faire l'antipropagande de ce projet de loi. Il n'y a aucune clause qui parle exprément de mini-jupe et de collant. Mais d'habillement indescent qui constitue un attentat à la pudeur». 

Dans un pays où la police est redoutée depuis la sanglante répression de l'opposition lors de la dernière élection présidentielle qui a vu la nouvelle victoire de Pierre Nkurunziza, et la corruption omniprésente, une loi qui interdit le port «d'habits indédents» met forcément en danger les femmes, très vulnérables face aux abus policiers. 

Certains internautes n'ont en tout cas pas perdu leur humour face à ce projet de loi. 

Camille Belsoeur

Journaliste à Slate Afrique. 

Ses derniers articles: Le roi du Maroc accusé d'avoir ignoré des preuves de violences policières dans le Rif  Un fossile de dinosaure marocain découvert... sur Facebook  L'élection présidentielle annulée au Kenya, une avancée pour le continent 

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