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Soudan du Sud: Kerry appelle au déploiement dune force de l'ONU

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a insisté lundi sur la nécessité de déployer au Soudan du Sud une "force de protection" onusienne, composée de troupes africaines, pour pacifier la capitale Juba après les violents combats de juillet.

"Il ne fait absolument aucun doute que nous devons aller de l'avant avec le déploiement de la force régionale de protection", a déclaré M. Kerry à la presse, à l'issue d'une rencontre avec cinq ministres des Affaires étrangères d'Afrique de l'Est.

La ministre kényane des Affaires étrangères, Amina Mohamed, a déclaré que "le plus tôt serait le mieux" pour le déploiement de cette force de 4.000 hommes, dont la création a été votée le 12 août par le Conseil de sécurité des Nations unies. Mme Mohamed a évoqué "un déploiement graduel" de la force, sans pour autant donner de date.

"Je veux insister sur ce point: il ne s'agit pas d'une force d'intervention mais d'une force de protection avec un mandat très clair pour lui permettre de protéger la population (...) Cela vient en complément de la souveraineté et des efforts du Soudan du Sud lui-même", a pour sa part martelé M. Kerry.

Mais, a-t-il ajouté, "les leaders du Soudan du Sud doivent être à la hauteur de leurs responsabilités" et "placer les intérêts de leurs concitoyens en premier".

Le président sud-soudanais Salva Kiir et son nouveau vice-président Taban Deng, après avoir opposé un refus catégorique, ont fait part récemment de leurs réticences devant le déploiement annoncé de ces nouveaux Casques bleus qui, disent-ils, sape la souveraineté du Soudan du Sud.

"Nous voulons savoir quel est le mandat de cette force de protection", a d'ailleurs réagi M. Deng lors d'un déplacement à Khartoum lundi, appelant à de nouvelles discussions sur le sujet.

- Quid de Machar ? -

De violents combats à l'arme lourde début juillet à Juba ont opposé les troupes du président Kiir à celles loyales à l'ex-chef rebelle Riek Machar, faisant plusieurs centaines de morts.

Ces combats ont mis en péril un fragile accord de paix signé en août 2015 pour tenter de mettre un terme à une guerre civile dévastatrice débutée fin 2013, moins de deux ans après l'accession à l'indépendance du pays.

Dans la foulée des combats de juillet, Riek Machar avait fui Juba et a été évincé de son poste de vice-président, remplacé par Taban Deng.

M. Machar a depuis trouvé refuge en République démocratique du Congo voisine et se dit prêt à rentrer à Juba lorsque la nouvelle force de protection onusienne, qui viendra en appui de la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss - 13.500 hommes), sera déployée dans la capitale.

M. Kerry s'est gardé lundi de se prononcer sur l'éventuel retour de Riek Machar au sein du gouvernement, estimant qu'il revenait aux dirigeants sud-soudanais et aux pays de la région de "donner leur point de vue sur ce qui est préférable ou pas" le concernant.

John Kerry a annoncé une aide humanitaire supplémentaire de 138 millions de dollars et rappelé la gravité de la situation dans la plus jeune nation du monde "où les parties belligérantes ont terrorisé des non-combattants, notamment des femmes et des filles, où plus 2,5 millions de personnes ont dû fuir leur foyer, où 40% de la population ne mange pas à sa faim" et où l'inflation atteint des records.

Outre le Soudan du Sud, M. Kerry et ses homologues se sont entretenus de la situation en Somalie où les rebelles islamistes somaliens shebab ont encore mené une attaque meurtrière dimanche à Galkayo (centre).

"Les terroristes (les shebab, ndlr) constituent une menace régionale qui appelle une réponse régionale", a-t-il déclaré, réaffirmant son soutien aux autorités somaliennes et à la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), alors que le pays se dirige vers des élections générales au suffrage indirect prévues à l'automne.

M. Kerry doit poursuivre sa tournée mardi au Nigeria pour évoquer la lutte contre le groupe jihadiste nigérian Boko Haram, puis mercredi et jeudi en Arabie Saoudite où il sera question du conflit yéménite, de la guerre en Syrie et de la lutte internationale contre le groupe Etat islamique.

AFP

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