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RDC: début du procès des auteurs présumés de massacres

Six hommes de nationalités différentes ont comparu samedi à la première audience du procès des auteurs présumés d'une série de massacres attribués à des rebelles ougandais dans la région de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo.

"Six accusés, dont deux Ougandais, un Tanzanien et trois Congolais" ont été présentés devant ce tribunal militaire d'exception dans la ville de Beni, siégeant "en premier et dernier ressort", a précisé le colonel Jean-Paulin Esosa, président de la Cour opérationnelle du Nord-Kivu (est).

Le colonel Esosa préside ce procès, dont le jugement ne sera pas susceptible d'appel.

Ces hommes sont poursuivis pour leur "participation à un mouvement insurrectionnel, crimes contre l'humanité par meurtre et terrorisme" dans la localité de Oïcha où ils ont été arrêtés, a ajouté le colonel. Située à une vingtaine de km au nord de la ville de Beni, Oïcha est le chef lieu du territoire de Beni. 

Lors de l'audience, les six accusés ont affirmé avoir été "au service du mouvement Forces démocratiques alliées (ADF)", a constaté un correspondant de l'AFP.

La ville et le territoire de Beni ont été endeuillés depuis octobre 2014 par une série de massacres ayant coûté la vie à plus de 700 civils, selon l'ONU. 

La dernière tuerie d'envergure a vu 51 civils tués dans la nuit du 13 au 14 août dans des quartiers nord de Beni, à la lisière du parc de Virunga, repaire des rebelles musulmans ougandais ADF, selon un bilan de la société civile de Beni. Le gouvernement évalue de son côté le total des morts à 42 et l'ONU fait état "d'au moins 50 civils tués".

Opposés au président Yoweri Museveni, les ADF sont présents dans l'est de la RDC depuis 1995.

Le gouvernement congolais et la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) accusent les ADF d'être responsables de ces tueries. Cette version a été remise en cause par un récent rapport du Groupe d'étude sur le Congo de l'Université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces massacres, mais au côté d'autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.

Des centaines d'habitants de Beni ont assisté samedi à cette première audience, qui s'est tenue pendant plus de trois heures sur la voie publique en face de la mairie. Le procès a ensuite été ajourné jusqu'à lundi.

Eve Kahambu, une rescapée de la dernière tuerie, a souhaité que des "sanctions sévères" soient infligées à ces "assassins", a-t-elle confié à l'AFP.

Les accusés encourent la peine de mort, qui est systématiquement commuée en RDC en peine de prison à vie.

AFP

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