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Zambie: l'opposant Hichilema crie

Des accusations de fraude ont été lancées vendredi soir en Zambie par l'opposant Hakainde Hichilema qui affirme que son principal rival à l'élection présidentielle de jeudi, le chef d'Etat sortant Edgar Lungu, collabore avec la Commission électorale pour truquer les résultats. 

"La commission électorale retarde l'annonce des résultats pour que les bandits armés du Front patriotique (le parti au pouvoir, PF) prennent le contrôle des bureaux de vote dans la nuit et changent les résultats", a lancé le leader du parti uni pour le développement national (UPND) devant des journalistes. 

"Ce qui est en train de se passer c'est une collusion entre le PF, la police et la commission électorale pour voler ces résultats", a-t-il poursuivi. 

Ces déclarations interviennent après une campagne tendue, marquée par de nombreux incidents entre les militants du PF et ceux de l'UPND qui ont fait au moins trois morts. 

L'un des membres de la Commission électorale, Esau Chulu, a qualifié les allégations de fraude de "regrettables". "Personne ne nous influence", a-t-il insisté, assurant de la régularité du dépouillement. 

Les résultats officiels de seulement trois circonscriptions, sur 156, ont été divulgués, donnant le président Lungu en tête. 

Les résultats complets officiels doivent être annoncés d'ici dimanche.  

"La commission veut rappeler que tous les résultats qui sont postés sur les réseaux sociaux ne sont pas officiels et appelle au calme jusqu'à la fin du processus", a souligné sa directrice Priscilla Isaac.

Le vote de jeudi s'est déroulé dans le calme, sans incident majeur, et la participation a été élevée selon la commission électorale. 

L'issue incertaine de ce scrutin présidentiel et la campagne tendue faisaient néanmoins craindre à de nombreux analystes des risques de violence. 

"Les deux partis abordent cette élection comme une affaire de vie ou de mort, ce qui explique cette flambée de violence politique", note Dimpho Motsamai, analyste pour l'Institut d'études sur la sécurité à Johannesburg. 

M. Hichilema a cependant appelé vendredi soir ses partisans à rester calmes. 

"Ne tombez pas dans le piège de la violence qu'ils vous tendent", a déclaré celui qu'on surnomme "HH". 

- Crise économique -

La campagne avait même été suspendue dix jours en juillet dans la capitale Lusaka pour calmer les esprits. En vain, puisque les affrontements se sont poursuivis jusqu'à la veille des élections, en marge d'un meeting de M. Hichilema notamment. 

Pendant la campagne, le président Lungu a souvent tenu des discours radicaux voire menaçants à l'égard de l'opposition, se disant prêt à prendre des "mesures draconiennes" et à "sacrifier la démocratie" pour assurer la paix.

La Zambie élit son président 18 mois seulement après la dernière élection, qui avait porté Edgar Lungu au pouvoir pour achever le mandat de Michael Sata décédé en octobre 2014. 

Lors de cette élection à un tour, M. Lungu l'avait emporté d'une courte tête, avec moins d'1,5% d'avance sur M. Hichilema. 

A l'époque, ce dernier avait déjà crié à la fraude électorale et contesté les résultats. 

Pour ce scrutin, les règles constitutionnelles ont changé et stipulent désormais que si aucun candidat ne dépasse 50% des voix un second tour sera organisé. 

Les Zambiens votaient jeudi non seulement pour élire leur président, où neuf candidats étaient en lice, mais aussi leurs députés et leurs conseillers municipaux, ainsi que pour un référendum sur une modification mineure de la Constitution.

La Zambie, ultra-dépendante du cuivre dont elle est le deuxième producteur d'Afrique après son voisin de la République démocratique du Congo, traverse une mauvaise passe sur le plan économique, en raison de la récente chute du cours de ce métal. 

Des milliers d'emplois ont été supprimés dans le secteur minier, l'inflation dépasse les 20%, le déficit 8% du PIB et une grave sécheresse perturbe la production hydroélectrique.

Selon M. Hichilema, la présidence Lungu est le "pire leadership depuis l'indépendance", acquise de la Grande-Bretagne en 1964.

Fort de son statut d'homme d'affaires à succès, il a promis en cas de victoire de construire un pays attractif pour les investisseurs et de meilleures conditions de vie pour les plus pauvres. Selon la Banque mondiale, 60% des Zambiens vivent sous le seuil de pauvreté.

AFP

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