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Zambie: dépouillement en cours après un vote calme

Les Zambiens attendaient vendredi les résultats de l'élection présidentielle qui s'est déroulée jeudi dans le calme malgré une campagne tendue entre les deux favoris, le sortant Edgar Lungu et son rival Hakainde Hichilema, dans un pays reconnu pour sa stabilité politique. 

L'élection s'est déroulée sans incident majeur, selon un journaliste de l'AFP, malgré des semaines d'affrontements parfois violents entre les supporters du Front Patriotique (PF) de M. Lungu et les opposants du Parti uni pour le développement national (UPND) de M. Hichilema. 

Les premières tendances sont attendues vendredi soir et la proclamation officielle dimanche. 

Tout au long de la journée de jeudi, de longues files d'attente se sont formées devant les bureaux de vote du pays et la participation a été élevée, selon la commission électorale. 

"Le dépouillement est en cours dans les bureaux de vote du pays", a indiqué Priscilla Isaac, directrice de la commission électorale.

"La commission veut rappeler que tous les résultats qui sont postés sur les réseaux sociaux ne sont pas officiels et appelle au calme jusqu'à la fin du processus", a-t-elle poursuivi. 

Jeudi après avoir voté, le président sortant Edgar Lungu avait également appelé au calme et demandé aux Zambiens de faire comme lui en "rentrant chez eux pour attendre l'annonce des résultats". 

Les Zambiens votaient non seulement pour élire leur président, où neuf candidats étaient en lice, mais aussi leurs députés et leurs conseillers municipaux, ainsi que pour un référendum sur une modification mineure de la Constitution.

Ils étaient appelés aux urnes 18 mois seulement après la dernière présidentielle organisée pour terminer le mandat de Michael Sata, décédé d'une maladie dans l'exercice de ses fonctions en octobre 2014.

A l'époque, Edgar Lungu l'avait emporté avec moins de 28.000 voix d'avance sur M. Hichilema, soit 1,5% d'écart, lors d'une élection à un tour. 

De nouvelles règles constitutionnelles stipulent désormais que si aucun candidat ne dépasse 50% des voix un second tour sera organisé. 

- Crise économique -

Au moins trois personnes ont été tuées pendant la campagne électorale au cours d'affrontements entre supporters du PF et de l'UPND.

Selon la commission électorale, ces violences "sans précédent", entachent les "antécédents historiques d'élections pacifiques" en Zambie.

"Les deux partis abordent cette élection comme une affaire de vie ou de mort, ce qui explique cette flambée de violence politique", note Dimpho Motsamai, analyste pour l'Institut d'études sur la sécurité à Johannesburg. 

La campagne avait même été suspendue dix jours en juillet dans la capitale Lusaka pour calmer les esprits. En vain, puisque les affrontements se sont poursuivis jusqu'à la veille des élections, en marge d'un meeting de M. Hichilema notamment. 

Pendant la campagne, le président Lungu a souvent tenu des discours radicaux voire menaçants à l'égard de l'opposition, se disant prêt à prendre des "mesures draconiennes" et à "sacrifier la démocratie" pour assurer la paix.

La Zambie, ultra-dépendante du cuivre dont elle est le deuxième producteur d'Afrique après son voisin de la République démocratique du Congo, traverse une mauvaise passe sur le plan économique, en raison de la récente chute du cours de ce métal. 

Des milliers d'emplois ont été supprimés dans le secteur minier, l'inflation dépasse les 20%, le déficit 8% du PIB et une grave sécheresse perturbe la production hydroélectrique.

Selon M. Hichilema, la présidence Lungu est le "pire leadership depuis l'indépendance", acquise de la Grande-Bretagne en 1964.

Fort de son statut d'homme d'affaires à succès, il a promis en cas de victoire de construire un pays attractif pour les investisseurs et de meilleures conditions de vie pour les plus pauvres. Selon la Banque mondiale, 60% des Zambiens vivent sous le seuil de pauvreté.  

AFP

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