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RDC: une ONG "exige la libération" d'un opposant détenu depuis dimanche

Une organisation congolaise de défense des droits de l'Homme a exigé jeudi à Kinshasa la "libération immédiate" d'un opposant détenu au secret, selon elle, depuis dimanche par les autorités de la République démocratique du Congo.

L'Association africaine de défense des droits de l'Homme (Asadho) "est très inquiète par l'enlèvement" dimanche de Norbert Luyeye et "exige sa libération immédiate", écrit-elle dans un communiqué.

M. Luyeye est le président de l'Union des républicains (UR), un petit parti politique d'opposition.

Pour Asadho, l'"enlèvement de M. Luyeye accompagné de la violation et perquisition illégale de sa résidence" par des "militaires armés" sont dûs à son "opinion" politique.

Selon l'UR, deux jours avant l'incident, M. Luyeye s'était déclaré publiquement "contre un nouveau mandat du président Joseph Kabila, contre le dialogue" convoqué par lui, et a soutenu que la fin du mandat du chef de l'État "marque aussi celle de toutes les institutions" du pays.  

L'UR "condamne l'enlèvement et la séquestration" de son chef, et "exige [sa] libération sans condition", ajoute le parti.

Interrogé par l'AFP, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'Homme en RDC (BCNUDH) a dit être au courant de cette situation, sans plus de commentaire.

Depuis des mois, le climat politique est tendu en RDC, et se crispe davantage à mesure qu'approche la fin du mandat de M. Kabila fixé au 20 décembre.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter, mais l'opposition soupçonne le chef de l'État de tout faire pour s'accrocher à son poste, quitte à reporter la présidentielle programmée pour la fin de cette année. 

Ce scrutin est aujourd'hui devenu hautement improbable à cette date.

En novembre 2015, M. Kabila a convoqué un "dialogue national" en vue d'"élections apaisées". Ces pourparlers avaient d'abord été boudés par l'opposition avant de donner son accord sous conditions, parmi lesquelles figurent la libération des prisonniers politique et d'opinion. Ces assises tardent à démarrer.

Mercredi, à l'issue d'une visite de trois jours en RDC, le ministre britannique pour l'Afrique, Tobias Ellwood, a exhorté Kinshasa "à progresser vers la tenue d'élections dans les temps" et "les passations pacifiques de pouvoir".

AFP

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